Test de la Mizuno Neo Zen 2 : Le chaînon manquant entre confort et vitesse ?

Il y a des matins où l’on n’a pas envie de choisir. On veut le confort d’un chausson pour protéger ses articulations fatiguées, mais on veut aussi cette petite étincelle sous le pied pour ne pas traîner la patte. C’est exactement la promesse de la Mizuno Neo Zen 2.

Pour la petite histoire, j’ai testé ce modèle lors d’une semaine de préparation marathon assez intense. Mes jambes étaient littéralement en “béton armé” après une séance de côtes la veille. En enfilant les Neo Zen 2 pour un simple footing de récupération, je m’attendais à une chaussure un peu “molle”. Quelle erreur ! Au bout de deux kilomètres, sans même m’en rendre compte, j’avais accéléré de 15 secondes au kilomètre, simplement porté par le rebond de la semelle. C’est là que j’ai compris : Mizuno ne propose pas juste une chaussure de plus, mais une véritable expérience de transition.

En résumé : L’essentiel du test

Si vous cherchez une réponse rapide, voici ce qu’il faut retenir de cette deuxième mouture :

  • Profil : Chaussure d’entraînement quotidien (Daily Trainer) polyvalente.
  • Points forts : Un retour d’énergie impressionnant, une stabilité nettement améliorée par rapport à la V1 et un confort “premium”.
  • Points faibles : Un chaussant (upper) qui peut sembler un peu serré pour les pieds larges et une géométrie qui demande un temps d’adaptation.
  • Technologie clé : Mousse MIZUNO ENERZY NXT infusée à l’azote et géométrie Smooth Speed Assist.
  • Poids : Environ 240 g (homme) / 210 g (femme).

Design et conception : Une évolution, pas une révolution

Dès le premier regard, on sent que Mizuno a voulu “calmer le jeu” tout en restant moderne. La première version avait un côté un peu sauvage, presque instable visuellement. Ici, la Neo Zen 2 gagne en structure.

Une tige qui mise sur le maintien

L’empeigne a été totalement repensée. On passe d’un tricot très élastique (qui laissait parfois le pied flotter) à un mesh technique beaucoup plus structuré. Le col du talon est désormais plus rembourré, ce qui élimine les frottements que certains coureurs avaient notés sur la version précédente.

Le système “Booty” : Comme une chaussette

Le chaussant reste de type “chausson” avec une languette intégrée. C’est un pur bonheur à enfiler (merci à la boucle à l’arrière !), mais attention : si vous avez le coup de pied fort, vous pourriez vous sentir un peu à l’étroit les premières fois. Le maintien au niveau du médio-pied est exemplaire, on se sent littéralement “un” avec la chaussure.


Sous le capot : Les technologies qui font la différence

Mizuno a toujours eu une approche scientifique de la course à pied. Avec la gamme “Neo”, ils sortent des sentiers battus de la plaque carbone pour explorer les propriétés mécaniques de la mousse.

Mizuno Enerzy NXT : L’azote au service du rebond

C’est la pièce maîtresse. La semelle intermédiaire utilise une mousse EVA infusée à l’azote. Pourquoi c’est important ? Parce que l’azote permet de créer une structure de mousse plus légère, plus souple, mais surtout beaucoup plus réactive.

Contrairement à une mousse classique qui s’écrase et met du temps à reprendre sa forme, la Enerzy NXT agit comme un ressort. Lors de mes tests, j’ai ressenti cette sensation de “trampoline” particulièrement marquée sur le bitume. C’est amusant, dynamique, et surtout très protecteur pour les genoux.

Smooth Speed Assist (SSA) : La géométrie du mouvement

Vous remarquerez la forme particulière de la semelle au niveau du talon et de l’avant-pied. C’est le Smooth Speed Assist. L’idée est de guider le pied vers une transition fluide. Même si vous attaquez un peu par le talon (ce qui nous arrive à tous quand la fatigue s’installe), la chaussure vous bascule naturellement vers l’avant. Ce n’est pas aussi agressif qu’une chaussure de compétition, mais c’est assez présent pour rendre la foulée plus économique.


Le test terrain : Des footings lents aux séances de seuil

J’ai accumulé plus de 80 km avec cette paire avant d’écrire ces lignes. Voici comment elle se comporte selon les allures.

1. Les footings de récupération (Allure > 5’30/km)

C’est ici que j’ai été le plus surpris. Souvent, les chaussures dynamiques sont désagréables à allure lente. La Neo Zen 2 reste très confortable. L’amorti est généreux (40,5 mm au talon !), ce qui permet d’encaisser les chocs sans sourciller. La stabilité est au rendez-vous : je n’ai jamais eu cette sensation de pied qui s’affaisse vers l’intérieur, un défaut corrigé par rapport à la V1.

2. Les sorties Tempo et Endurance Fondamentale (Allure 4’15 – 5’00/km)

C’est son “sweet spot”. On sent que la chaussure est faite pour ça. Le poids plume (240 g) permet de maintenir l’allure sans effort. Le drop de 6 mm est idéal : il n’est pas trop exigeant pour les mollets comme un drop zéro, mais il favorise une pose de pied plus naturelle qu’un drop de 10 mm.

3. Le fractionné et la vitesse (Allure < 4’00/km)

Elle fait le job, mais montre ses limites. Sans plaque (carbone ou nylon), il manque ce petit “clic” final lors de la poussée. Cependant, pour des blocs de 1000m ou 2000m à allure marathon ou semi, elle est parfaite car elle épargne les jambes bien mieux qu’une chaussure de compétition pure.


Durabilité et Adhérence : Du solide japonais

On achète souvent Mizuno pour la longévité, et la Neo Zen 2 ne déroge pas à la règle.

  • Semelle X10 : Le caoutchouc au carbone placé sur les zones d’usure est d’une résistance impressionnante. Après 80 km, les micro-stries sont encore visibles.
  • Adhérence : Sur route humide, elle se comporte bien. Attention toutefois sur les passages piétons mouillés ou les plaques d’égout, le contact peut être un peu fuyant si l’on pousse trop fort. C’est une chaussure de route avant tout, même si elle tolère les chemins de parc bien stabilisés.

Comparatif : Mizuno Neo Zen 2 vs Ses concurrentes directes

ModèlePoidsDropType de mousseUsage principal
Mizuno Neo Zen 2240 g6 mmEnerzy NXT (Azote)Entraînement polyvalent / Tempo
ASICS Novablast 5~260 g8 mmFF Blast Plus EcoConfort / Sorties quotidiennes
New Balance Rebel v4~212 g6 mmFuelCell (PEBA/EVA)Vitesse / Légèreté maximale
Hoka Mach 6~232 g5 mmSupercritical EVARéactivité / Sensation de sol

Conclusion : Mon avis final

La Mizuno Neo Zen 2 est une chaussure qui a mûri. Elle a gardé le “fun” et le rebond de la première version, tout en devenant une chaussure plus sérieuse et plus stable. C’est le choix idéal pour le coureur qui ne veut qu’une seule paire pour tout faire (sauf peut-être ses compétitions de record personnel).

Elle incarne parfaitement le renouveau de Mizuno : moins de rigidité, plus de plaisir, sans sacrifier la qualité de fabrication qui fait la réputation de la marque nippone. Si vous cherchez un Daily Trainer moderne et que vous n’avez pas peur d’une sensation de mousse un peu “vivante” sous le pied, foncez.


FAQ – Vos questions sur la Mizuno Neo Zen 2

La Neo Zen 2 est-elle adaptée pour un marathon ?

Oui, absolument pour un objectif de “finisher” ou pour des temps entre 3h30 et 4h30. Son amorti protège très bien sur la durée. Pour viser un chrono sous les 3h, vous pourriez préférer la Mizuno Wave Rebellion Pro qui dispose d’une plaque carbone.

Quelle est la différence majeure avec la Neo Zen 1 ?

La stabilité. La V1 était jugée trop instable par beaucoup de coureurs. La V2 a élargi sa base et renforcé le maintien du talon, rendant la course beaucoup plus sécurisante, surtout en fin de séance quand la fatigue modifie la foulée.

Est-elle adaptée aux coureurs lourds ?

Oui, grâce à son stack important (hauteur de semelle), elle convient aux coureurs jusqu’à 85-90 kg. La mousse Enerzy NXT est suffisamment dense pour ne pas s’écraser totalement sous un poids plus important.

Comment taille la Mizuno Neo Zen 2 ?

Elle taille normalement en longueur. Cependant, elle est assez ajustée au niveau du médio-pied. Si vous avez le pied très large, il est conseillé de l’essayer en magasin ou de vérifier la politique de retour.

Peut-on courir sur des sentiers avec cette chaussure ?

Uniquement sur des sentiers très “propres” (chemins de halage, parcs). Sa semelle est lisse et n’offre aucune accroche sur la boue ou les pierres instables. C’est une pure routière.