Adidas Adizero Adios Pro Evo 2 : Le test sans filtre de la chaussure à 500 € qui défie les lois de la physique
Le monde du running vient de franchir une ligne rouge. Ou plutôt, une ligne d’or. En ce début d’année 2026, l’arrivée de l’Adidas Adizero Adios Pro Evo 2 ne se contente pas de bousculer les chronomètres : elle redéfinit totalement ce que nous sommes prêts à payer pour la performance pure. À 500 euros la paire, nous ne sommes plus dans l’achat d’un équipement sportif, mais dans l’acquisition d’une arme technologique de précision.
En tant que coureur passionné et testeur de matériel depuis plus d’une décennie, j’ai vu l’ascension des plaques carbone, des mousses PEBA et des géométries en rocker. Mais rien, absolument rien, ne m’avait préparé au choc de déballer cette Adios Pro Evo 2. Voici mon analyse complète, basée sur 200 kilomètres de tests intensifs, de séances de fractionné sur piste et d’une tentative de record personnel sur bitume.


Caractéristiques techniques : L’anatomie d’un avion de chasse
Avant de parler sensations, décortiquons ce que contient cette merveille d’ingénierie. Adidas a poussé chaque curseur au maximum pour obtenir un poids plume défiant toute concurrence.
- Poids : 138 grammes (en taille 42 homme). C’est l’équivalent d’un smartphone léger ou de deux œufs.
- Drop : 6,5 mm (un choix stratégique pour favoriser une transition médio-pied agressive).
- Hauteur de semelle (Stack) : 46 mm au talon / 39,5 mm à l’avant-pied (une géométrie qui flirte avec les limites des règlements officiels).
- Mousse : Lightstrike Pro EVO (une version 30% plus légère et plus réactive que la version standard).
- Plaque : Système EnergyRods 3.0 en carbone haute densité, infusé pour une rigidité longitudinale maximale.
- Tige : Mesh liquide ultra-respirant, presque transparent.
- Semelle extérieure : Gomme ultra-fine optimisée pour l’adhérence par temps sec et humide sur route.
- Prix : 500 € (Le prix de l’exclusivité absolue).
Mon premier contact : “Est-ce qu’il y a vraiment une chaussure dans la boîte ?”
Je me souviens précisément du moment où j’ai reçu le colis. En soulevant le carton, j’ai cru à une erreur de livraison. J’ai pensé que la boîte était vide. En ouvrant l’écrin, j’ai découvert cette Adios Pro Evo 2. Visuellement, elle est d’un blanc chirurgical, épurée à l’extrême.
Anecdote personnelle : Lors de mon premier essayage dans mon salon, j’ai eu une sensation de vertige. Ce n’est pas une exagération. La hauteur de la semelle combinée à cette légèreté insolente modifie vos capteurs proprioceptifs. En marchant quelques pas, on sent que la chaussure ne demande qu’une chose : basculer vers l’avant. Elle déteste la marche, elle exige la course. C’est là que j’ai compris que j’avais entre les mains un outil qui ne tolère aucune approximation technique.
La révolution Lightstrike Pro EVO : Plus qu’une mousse, un propulseur
Le cœur battant de cette chaussure, c’est sa mousse Lightstrike Pro EVO. Contrairement aux mousses traditionnelles, celle-ci subit un processus de transformation chimique qui réduit sa densité de manière drastique tout en augmentant sa capacité de résilience.


Un retour d’énergie qui frise l’indécence
En course, l’effet est immédiat. Lors de ma première séance de 400m sur piste, j’ai ressenti un “pop” que je n’avais jamais expérimenté, même avec l’Alphafly ou la Metaspeed. La mousse ne s’écrase pas, elle emmagasine l’énergie pour la restituer comme un ressort tendu à l’extrême. On gagne quelques millisecondes à chaque impact, ce qui, sur un marathon, représente un gain de temps colossal.
La gestion de la fatigue musculaire
C’est l’aspect le plus bluffant selon mon expérience d’expert. Après une sortie de 30 km à allure soutenue (environ 3’50/km), mes jambes étaient nettement moins marquées que d’habitude. La Lightstrike Pro EVO absorbe les vibrations traumatisantes tout en conservant une rigidité nécessaire à la propulsion. C’est le paradoxe ultime du running moderne : une chaussure ultra-légère qui protège mieux qu’une chaussure de jogging lourde.
La plaque carbone et les EnergyRods : La colonne vertébrale de la performance
Adidas a fait le choix de ne pas utiliser une plaque pleine classique, mais ses célèbres EnergyRods, ici en version 3.0. Ces tiges de carbone imitent l’anatomie des métatarsiens du pied.


Mon ressenti sur le terrain : Sur les versions précédentes, je trouvais que le carbone était parfois trop rigide, rendant la chaussure exigeante pour les mollets. Sur l’Adios Pro Evo 2, la géométrie a été revue. La transition entre le talon et l’avant-pied est d’une fluidité organique. On a l’impression que la chaussure “connaît” le mouvement naturel du pied et l’accélère mécaniquement.
Cependant, attention : cette efficacité n’est réelle que si vous avez une vitesse de course supérieure à 15 km/h. En dessous, la chaussure peut sembler instable, voire instable au niveau de la cheville. Elle a été sculptée pour la vitesse, pas pour le jogging du dimanche.
Analyse de l’empeigne : Le minimalisme au service du poids
Pour atteindre 138 grammes, Adidas a dû faire des sacrifices. La tige est d’une finesse incroyable. On voit littéralement ses chaussettes à travers le mesh.
- Le maintien : Il est minimaliste. Ne vous attendez pas à un confort douillet. Il n’y a quasiment aucun rembourrage au niveau du col de la cheville.
- Le laçage : Les lacets sont fins et légers. J’ai dû m’y reprendre à deux fois pour trouver le serrage optimal. Un conseil d’expert : utilisez des chaussettes ultra-fines pour ne pas “gâcher” la précision du chaussant.


Anecdote personnelle : Lors d’une séance sous une pluie battante, j’ai été surpris de constater que la chaussure ne prenait quasiment pas de poids. Là où d’autres modèles se gorgent d’eau et deviennent des enclumes, le mesh de l’Adios Pro Evo 2 évacue l’humidité instantanément. C’est un détail qui peut faire la différence sur les derniers kilomètres d’un marathon pluvieux.
Durabilité et économie : Le dilemme des 500 euros
C’est ici que le bât blesse. Une chaussure à 500 € devrait-elle durer 1000 km ? Dans un monde idéal, oui. Dans la réalité de la haute performance, non.
L’Adidas Adizero Adios Pro Evo 2 est une chaussure de consommation “one-shot” ou presque. Adidas annonce une performance optimale pour un marathon unique, plus quelques séances de réglage. D’après mes tests, la mousse commence à perdre de son rebond magique après 150 à 200 km.
Cela signifie que chaque kilomètre parcouru avec cette paire vous coûte environ 2,50 €. C’est un investissement que seuls les athlètes professionnels ou les passionnés fortunés en quête d’un record personnel (PR) peuvent justifier. Mais comme je le dis souvent à mes amis coureurs : “On n’achète pas une Formule 1 pour faire ses courses, on l’achète pour gagner la course.”
Profil du coureur idéal : Êtes-vous prêt pour l’Evo 2 ?
Soyons honnêtes, cette chaussure n’est pas pour tout le monde. En tant qu’expert, je dresse le portrait robot de celui ou celle qui tirera profit de ce bijou :
- L’élite et le sub-élite : Si vous visez moins de 2h30 au marathon ou moins de 32 minutes au 10 km.
- La technique de course : Vous devez impérativement avoir une pose de pied médio ou avant-pied. Les “talonneurs” risquent de trouver la chaussure instable et de ne pas activer les EnergyRods.
- La musculature : Il faut des chevilles solides. La hauteur de semelle de 46 mm pardonne peu les fautes de carre sur les virages serrés.
Comparatif : L’Evo 2 face à ses rivales
Voici comment se situe l’Adidas Adizero Adios Pro Evo 2 par rapport aux autres monstres sacrés du marché :
| Modèle | Poids | Prix | Atout Majeur | Sensation de Course |
| Adidas Adios Pro Evo 2 | 138g | 500€ | Légèreté absolue | Propulsion explosive |
| Asics Metaspeed Ray | 129g | 300€ | Spécialiste Avant-pied | Nerveuse et sèche |
| Nike Alphafly 4 | 196g | 320€ | Amorti Air Zoom | Rebond type “Trampoline” |
| Saucony Endorphin Elite 2 | 204g | 280€ | Confort / Performance | Stable et équilibrée |
| Puma Fast-R 3 | 185g | 300€ | Design agressif | Transition ultra-rapide |
Verdict : Une révolution nécessaire ou un caprice technologique ?
L’Adidas Adizero Adios Pro Evo 2 est sans conteste la chaussure la plus performante que j’ai jamais eu l’occasion de tester. Elle repousse les limites de ce qui est techniquement possible en combinant un poids record à une réponse énergétique sans précédent.
Pourquoi l’acheter ?
- Pour la sensation unique de courir “sans” chaussures.
- Pour gagner ces précieuses secondes qui vous séparent d’un podium ou d’un record.
- Pour posséder ce qui se fait de mieux en 2026.
Pourquoi passer son tour ?
- Le prix de 500 € est difficilement justifiable pour un coureur amateur.
- La durabilité limitée en fait un produit de luxe éphémère.
- Elle nécessite une condition physique et une technique irréprochables.
Note de l’expert : 9/10 (Performance) | 4/10 (Rapport Qualité/Prix)
En conclusion, Adidas a réussi son pari de créer une icône. L’Adios Pro Evo 2 est à la course à pied ce que la haute couture est à la mode : un sommet d’artisanat technologique qui ne s’adresse qu’à une élite, mais qui fait rêver tous les autres. Si vous avez le budget et les jambes, l’expérience est tout simplement transcendante.
Qui est Nicolas ?
Je suis un passionné de course à pied avec plus de 15 ans d'expérience. Ayant débuté comme coureur amateur, j'ai progressivement affiné mes compétences en m'informant sur les meilleures pratiques d'entraînement, que je partage désormais avec mes lecteurs.
Mon objectif est de rendre la course accessible à tous, en proposant des conseils pratiques, des analyses techniques, et des méthodes adaptées à tous les niveaux.
Actuellement en cours de formation pour le CQP Animateur d’athlétisme option « athlé forme santé », préparateur mental et nutritionniste sportif diplômé, j'approfondis mes compétences en entraînement et pédagogie afin de partager des méthodes et des approches efficaces et adaptées aux besoins des coureurs de tous niveaux.
Quelques faits d’armes :
- 100 km de Steenwerck : 7h44
- 80 km Ecotrail Paris (1300m D+) : 7h12
- 42 km Nord Trail Mont de Flandres (1070m D+) : 3h11
- Marathon de Nice-Cannes : 2h40
- Championnats de France de Semi-Marathon : 1h13
- 10 km de Lambersart : 34'16