Athlétisme l'Arabie saoudite prépare un investissement massif

Athlétisme : l’Arabie saoudite prépare un investissement massif

Alors que les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont à peine fermé leurs portes, une nouvelle puissance émerge dans le ciel sportif mondial. L’Arabie saoudite, déjà maîtresse des pelletons du football et des greens de golf, s’apprête à révolutionner l’athlétisme avec un investissement massif estimé à plus de 600 millions de dollars. Derrière cette ambition, le Fonds d’Investissement Public (PIF) et sa branche SURJ Sports Investments orchestrent une stratégie audacieuse pour contrôler les droits commerciaux de la discipline reine des Jeux Olympiques.

Ce mouvement s’inscrit dans la Vision 2030 du Royaume, visant à diversifier son économie et à redéfinir son image sur la scène internationale. Mais au-delà des chiffres, c’est un bouleversement culturel et sportif qui se profile, avec des enjeux allant de la commercialisation des compétitions à la redéfinition des équilibres géopolitiques du sport.

L’Arabie saoudite et le sport : une stratégie globale décryptée

Vision 2030 : le sport comme levier de transformation nationale

Depuis 2016, l’Arabie saoudite a injecté plus de 6 milliards de dollars dans le secteur sportif, selon les données de Setup in Saudi. Cet effort colossal dépasse largement le simple sponsoring : il s’agit de construire une industrie complète, génératrice d’emplois, de tourisme et de soft power.

  • Création de 70 000 emplois directs et indirects d’ici 2030.
  • 2,5 millions de visiteurs attirés par des événements sportifs en 2023.
  • 50 compétitions internationales organisées annuellement.

Lors d’un récent sommet à Riyad, un cadre du PIF m’a confié : « Nous ne voulons plus être spectateurs. Le sport est un langage universel, et nous comptons bien en écrire les prochains chapitres. »

Athlétisme : la nouvelle frontière

Après le football, le golf, la F1 et même l’esport, l’athlétisme devient la cible prioritaire. Les discussions entre World Athletics et SURJ révélées par Reuters prévoient la création d’une entité commerciale dédiée, valorisée à 635 millions de dollars.

Trois axes clés structurent cet investissement :

  1. Nouveaux événements : Une ligue professionnelle inspirée du Diamond League, mais avec des primes décuplées.
  2. Innovation technologique : Intégration de données en temps réel (rythme cardiaque, puissance musculaire) pour les diffuseurs.
  3. Développement des athlètes : Financement de centres d’entraînement high-tech au Moyen-Orient.

Décryptage de l’investissement saoudien dans l’athlétisme

La machine SURJ Sports Investments

Filiale du PIF créée en 2023, SURJ a déjà marqué les esprits avec :

  • L’acquisition de 15 % de DAZN (géant du streaming sportif).
  • Le financement du LIV Golf, concurrence directe de la PGA.
  • Des pourparlers avancés pour une nouvelle ligue de boxe.

Son modèle ? Capter les droits médias des sports traditionnels en crise, puis les monétiser via des partenariats publicitaires ambitieux.

World Athletics sous pression

Face à l’émergence de ligues alternatives comme le Grand Slam Track de Michael Johnson ou le RunGP de Mo Farah, la fédération internationale doit innover.

Sebastian Coe, président de World Athletics, l’admet : « Les attentes des fans ont changé. Ils veulent du spectacle, des données, une accessibilité 24/7. »

L’apport financier saoudien permettrait de :

  • Quintupler les primes des championnats du monde.
  • Créer une chaîne OTT (Over-The-Top) dédiée à l’athlétisme.
  • Digitaliser les archives historiques (des JO de 1896 à aujourd’hui).

Impacts et controverses : le débat qui secoue l’athlétisme

Une manne financière aux multiples bénéfices

Les fédérations nationales, souvent en difficulté, saluent cet afflux de capitaux. La Fédération Française d’Athlétisme prévoit déjà d’investir dans :

  • Des detecteurs de talents algorithmiques.
  • Des stades connectés avec capteurs biométriques.
  • La formation des entraîneurs via des partenariats avec des universités saoudiennes.

Ombres au tableau : sportswashing et déséquilibres

Critiques majeures soulevées par Front Office Sports et The Guardian :

  1. Opacité des contrats : Aucune transparence sur la répartition des profits.
  2. Dérives autoritaires : Risque de censure sur les sujets sensibles (droits des femmes, LGBTQ+).
  3. Marchandisation extrême : Priorité au spectacle plutôt qu’à l’essence sportive.

Lors d’un symposium à Lausanne, un athlète olympique m’a glissé : « On parle plus de contrats que de performances. Où est passée l’âme de notre sport ? »

Perspectives 2030 : vers un nouvel ordre sportif mondial

Les projets phares financés par le PIF

  • Neom Speed City : Un stade futuriste de 70 000 places avec piste chauffante/refroidissante.
  • Saudi Athletics Tour : 10 meetings annuels dotés de 1 million de dollars chacun.
  • Athlete NFT Platform : Tokenisation des performances pour les collectionneurs.

La bataille des calendriers

Avec l’arrivée des fonds saoudiens, le paysage compétitif se recompose :

ÉvénementFinancementPrix totalDiffuseur
Ligue DiamantWorld Athletics8 millions $FloSports
Grand Slam TrackInvestisseurs privés20 millions $The CW Network
Saudi Golden LeagueSURJ Sports50 millions $DAZN/SAUDI Vision

Conclusion : révolution ou rupture ?

L’entrée de l’Arabie saoudite dans l’athlétisme marque un tournant historique. Entre opportunités économiques et risques éthiques, le monde du sport doit trouver un équilibre délicat. Les prochains mois seront cruciaux pour déterminer si cet investissement massif deviendra un moteur d’innovation… ou le symptôme d’une dérive mercantile.

Une chose est sûre : quand j’ai assisté au dernier meeting de Riyad, l’enthousiasme des jeunes Saoudiens présents dans le stade laissait entrevoir une nouvelle ère – à condition que l’esprit sportif survive aux enjeux financiers.

FAQ

Quelle est la part exacte investie par l’Arabie saoudite dans World Athletics ?

Les négociations en cours évoquent une participation de 20 à 30 % dans une nouvelle entité commerciale valorisée entre 500 et 700 millions de dollars.

Les athlètes saoudiens bénéficieront-ils de cet investissement ?

Oui. Le PIF prévoit de construire 5 centres d’excellence régionaux et d’offrir des bourses d’études sport-études à 1 000 jeunes talents d’ici 2026.

Quelles garanties éthiques accompagnent ces fonds ?

Aucune officiellement. World Athletics affirme travailler sur un code de conduite incluant la protection des droits humains, mais les détails restent flous.

Quel est le montant total investi par l’Arabie saoudite dans le sport ces dernières années ?

Selon les sources, l’Arabie saoudite a investi au moins 6,3 milliards de dollars dans des accords sportifs depuis début 2021, soit plus de quatre fois le montant dépensé au cours des six années précédentes2.

Quels sont les objectifs de l’Arabie saoudite en investissant dans le sport ?

Les objectifs officiels incluent la diversification de l’économie au-delà du pétrole, l’augmentation des investissements étrangers, la création d’emplois, la stimulation du tourisme et l’encouragement de la pratique sportive dans le pays. Cela s’inscrit dans le cadre de la Vision 2030 du royaume.

Y a-t-il des critiques concernant ces investissements sportifs ?

Oui, certains critiques qualifient ces efforts de “sportswashing”, accusant l’Arabie saoudite d’utiliser le sport pour détourner l’attention de son bilan en matière de droits humains.

Sources : Reuters, Front Office Sports, Setup in Saudi, Stadiums and Sports Innovation Summit KSA.

Nicolas Dayez, Fondateur de Athlé expliqué

Qui est Nicolas ?

Je suis un passionné de course à pied avec plus de 15 ans d'expérience. Ayant débuté comme coureur amateur, j'ai progressivement affiné mes compétences en m'informant sur les meilleures pratiques d'entraînement, que je partage désormais avec mes lecteurs.

Mon objectif est de rendre la course accessible à tous, en proposant des conseils pratiques, des analyses techniques, et des méthodes adaptées à tous les niveaux.

Actuellement en cours de formation pour le CQP Animateur d’athlétisme option « athlé forme santé », préparateur mental et nutritionniste sportif diplômé, j'approfondis mes compétences en entraînement et pédagogie afin de partager des méthodes et des approches efficaces et adaptées aux besoins des coureurs de tous niveaux.

Quelques faits d’armes :
- 100 km de Steenwerck : 7h44
- 80 km Ecotrail Paris (1300m D+) : 7h12
- 42 km Nord Trail Mont de Flandres (1070m D+) : 3h11
- Marathon de Nice-Cannes : 2h40
- Championnats de France de Semi-Marathon : 1h13
- 10 km de Lambersart : 34'16

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