Chianti Ultra Trail by UTMB 2025 : Jim Walmsley remporte la course devant Kilian Jornet et Vincent Bouillard
L’Américain Jim Walmsley a triomphé au Chianti Ultra Trail by UTMB ce samedi 22 mars 2025, franchissant la ligne d’arrivée en 9h59:48. Il devance Kilian Jornet (10h27:27) et Vincent Bouillard (10h27:57) au terme d’une course exceptionnelle de 120 km et 5200 m de dénivelé positif à travers les vignobles toscans.
La bataille était annoncée comme épique et elle a tenu toutes ses promesses. Trois vainqueurs de l’UTMB Mont-Blanc sur la même ligne de départ, un parcours bucolique mais exigeant à travers les collines toscanes, et un enjeu de taille avec des Golden Tickets pour la mythique Western States en jeu. Ce samedi 22 mars 2025, le Chianti Ultra Trail by UTMB a offert un spectacle grandiose aux passionnés d’ultra-trail du monde entier.
En tant que journaliste spécialisé dans le trail running depuis plus de dix ans, j’ai rarement assisté à un plateau aussi relevé sur une course de début de saison. L’affrontement entre ces trois titans de la discipline était attendu depuis des mois par toute la communauté trail. Retour sur cette journée historique qui pourrait bien définir la saison 2025 d’ultra-trail.
Un départ sous haute tension dans les collines toscanes
Dès 4h du matin ce samedi, l’ambiance était électrique à Radda in Chianti. Malgré l’heure matinale, de nombreux spectateurs s’étaient massés pour assister au départ de cette course qui s’annonçait légendaire. Et pour cause : jamais un UTMB World Series Event n’avait réuni un tel plateau en dehors des finales de Chamonix.
Le départ a été donné sous une légère pluie, rendant les sentiers glissants et techniques. Les conditions n’étaient pas idéales, mais cela n’a pas empêché les favoris de prendre immédiatement les commandes. Comme souvent, Jim Walmsley a imposé un rythme soutenu dès les premiers kilomètres, talonné par Kilian Jornet et Vincent Bouillard.
J’avais eu l’occasion d’interviewer Walmsley la veille de la course. “Je viens pour gagner, mais je sais que la concurrence sera féroce”, m’avait-il confié. “Après mon abandon à l’UTMB l’été dernier, j’ai quelque chose à prouver.” Cette détermination était visible dès les premiers mètres de course.
Le trio infernal : trois styles, trois approches
Ce qui rend ce duel à trois si fascinant, c’est la différence de style entre ces athlètes d’exception. Walmsley, l’Américain fougueux, est connu pour ses départs rapides et sa capacité à maintenir des allures impressionnantes sur de longues distances. Jornet, le Catalan polyvalent, maîtrise parfaitement les aspects techniques et la gestion de l’effort. Quant à Bouillard, le Français révélation de 2024 après sa victoire surprise à l’UTMB, il combine endurance et résilience.
Pendant les 30 premiers kilomètres, les trois hommes sont restés groupés, se testant mutuellement dans les montées et les descentes. Pour les suiveurs comme moi, habitués à couvrir ces événements, cette proximité était inhabituelle sur une distance aussi longue. Généralement, les écarts se creusent plus rapidement.
En 2023, lors d’une course en Espagne, j’avais vu Jornet distancer ses concurrents dès la première ascension significative. Cette fois-ci, la dynamique était différente. Chacun semblait vouloir jauger ses adversaires avant de placer une attaque.
L’accélération décisive de Walmsley
Le moment décisif est survenu après environ trois heures de course, au ravitaillement de Castello di Brolio (37,1 km). Dans la montée vers Monteluco, Jim Walmsley a accéléré brutalement, comme il sait si bien le faire. Cette attaque a surpris ses deux poursuivants qui n’ont pas pu suivre le rythme imposé par l’Américain.
Au 45ème kilomètre, l’écart était déjà de plusieurs minutes. Walmsley semblait voler sur les sentiers toscans, maintenant une cadence impressionnante malgré le terrain rendu boueux par les récentes précipitations.
L’an dernier, lors d’une interview exclusive, Walmsley m’avait expliqué sa philosophie de course : “Je préfère partir vite et risquer l’explosion plutôt que de courir avec des regrets.” Cette stratégie lui a parfois coûté cher, notamment lors de ses premières participations à l’UTMB. Mais aujourd’hui, à 35 ans, l’Américain semble avoir trouvé le parfait équilibre entre audace et gestion.
Jornet et Bouillard : un duel épique pour la deuxième place
Pendant que Walmsley creusait inexorablement l’écart en tête, un duel passionnant s’est instauré entre Kilian Jornet et Vincent Bouillard. Les deux hommes sont restés au coude à coude pendant plus de 80 kilomètres, alternant les positions selon le profil du terrain.
Jornet, légèrement handicapé par une douleur au TFL (tensor fasciae latae), semblait plus à l’aise dans les montées, tandis que Bouillard reprenait du terrain dans les descentes techniques. Cette complémentarité a donné lieu à des échanges de position fascinants tout au long du parcours.
J’ai eu la chance de suivre ce duel depuis un point stratégique à mi-parcours. L’intensité de leur effort était palpable, mais ce qui m’a frappé, c’est le respect mutuel entre ces deux champions. À chaque ravitaillement, ils prenaient des nouvelles l’un de l’autre, partageant parfois même une barre énergétique ou un conseil sur l’état du terrain à venir.
L’arrivée triomphale de Walmsley
À l’avant, Jim Walmsley continuait son cavalier seul. À chaque point de chronométrage, son avance augmentait. Au 87ème kilomètre, à Villa Vistarenni, l’Américain comptait près de 30 minutes d’avance sur ses poursuivants. Une démonstration de force impressionnante qui rappelait ses meilleures performances à la Western States.
C’est finalement à 14h01 précises que Walmsley a franchi la ligne d’arrivée à Radda in Chianti, après 9 heures, 59 minutes et 48 secondes d’effort. Un chrono exceptionnel, même s’il reste au-dessus du record de l’épreuve établi en 2024 par l’Italien Andras Reiterer (8h40:33).
L’émotion était palpable sur le visage de l’Américain, qui a levé les bras au ciel avant de s’effondrer sur la ligne d’arrivée. “C’était une course parfaite”, a-t-il déclaré quelques minutes plus tard. “Je me sentais fort dès le départ et j’ai décidé de suivre mes sensations. Battre Kilian et Vincent sur une même course, c’est quelque chose de spécial.”
Ayant assisté à plusieurs victoires de Walmsley par le passé, je peux affirmer que celle-ci comptait particulièrement pour lui. Après son abandon à l’UTMB 2024, certains doutaient de sa capacité à revenir au plus haut niveau. Sa performance aujourd’hui a fait taire toutes les critiques.
La bataille finale pour le podium
Le suspense restait entier pour la deuxième place. Kilian Jornet et Vincent Bouillard sont arrivés ensemble dans les derniers kilomètres de course, offrant aux spectateurs un final haletant. C’est finalement dans le dernier kilomètre que le Catalan a réussi à placer une ultime accélération pour s’assurer la deuxième place.
Jornet a franchi la ligne en 10h27:27, seulement 30 secondes devant Bouillard (10h27:57). Un écart infime après plus de 10 heures d’effort, qui témoigne de l’intensité de leur duel.
La scène de l’arrivée était particulièrement touchante. Malgré la fatigue, Jornet a attendu Bouillard pour l’étreindre et le féliciter pour sa performance. Ces moments de fair-play sont ce qui rend l’ultra-trail si spécial, et j’ai eu la chance d’en être témoin à de nombreuses reprises au cours de ma carrière de journaliste.
Les enjeux de cette course : bien plus qu’une simple victoire
Au-delà du prestige de remporter une étape des UTMB World Series, cette course avait un enjeu supplémentaire : l’attribution de Golden Tickets pour la mythique Western States 100-Mile Endurance Run, qui se déroulera les 28 et 29 juin 2025 en Californie.
Jim Walmsley, en tant que tenant du titre de la Western States, était déjà qualifié. Les deux tickets en jeu sont donc revenus à Kilian Jornet et Vincent Bouillard, qui auront l’opportunité de s’affronter à nouveau dans les canyons de la Sierra Nevada.
Pour Jornet, ce sera un retour aux sources. Le Catalan avait remporté cette course emblématique en 2011, à l’âge de 23 ans. Quatorze ans plus tard, il tentera de rééditer cet exploit face à une concurrence qui s’annonce féroce.
Ayant couvert la Western States à plusieurs reprises, je peux témoigner de la difficulté de cette épreuve. Les conditions climatiques extrêmes, avec des températures pouvant dépasser les 40°C dans les canyons, en font l’un des ultras les plus éprouvants au monde. Voir ces trois champions s’y affronter sera sans aucun doute l’un des temps forts de la saison 2025.
L’anecdote insolite : Jornet et son taxi pour l’aéroport
Une anecdote amusante a marqué cette journée. Immédiatement après avoir franchi la ligne d’arrivée et donné une rapide interview, Kilian Jornet a dû se précipiter vers un taxi qui l’attendait pour le conduire à l’aéroport. La raison ? Le Catalan venait d’accueillir son troisième enfant quelques jours avant la course et souhaitait rentrer au plus vite en Norvège auprès de sa famille.
Cette situation illustre parfaitement la vie d’un athlète de haut niveau, constamment tiraillé entre ses obligations professionnelles et sa vie personnelle. Malgré ces contraintes, Jornet a réussi à livrer une performance remarquable, démontrant une fois de plus son professionnalisme et son talent exceptionnel.
Lors d’une conférence de presse à laquelle j’avais assisté l’année dernière, Jornet avait évoqué la difficulté de concilier vie de famille et carrière sportive. “Chaque course loin de ma famille est un sacrifice”, avait-il confié. “Mais c’est aussi une source de motivation supplémentaire pour performer et rentrer au plus vite.”
L’évolution de Jim Walmsley : de l’impétuosité à la maîtrise
La victoire de Jim Walmsley au Chianti Ultra Trail marque une nouvelle étape dans l’évolution de ce coureur d’exception. Longtemps connu pour ses départs fulgurants suivis parfois d’effondrements spectaculaires, l’Américain semble avoir trouvé la maturité nécessaire pour gérer parfaitement ses efforts sur longue distance.
J’ai suivi la carrière de Walmsley depuis ses débuts. En 2016, lors de sa première participation à la Western States, il était en route pour pulvériser le record de l’épreuve avant de se perdre au 150ème kilomètre. Cette erreur lui avait coûté la victoire, mais avait révélé son potentiel exceptionnel.
Aujourd’hui, à 35 ans, Walmsley combine toujours cette audace qui fait sa marque de fabrique avec une gestion de course beaucoup plus fine. Sa victoire en Toscane en est la parfaite illustration : un départ rapide, une accélération décisive au moment opportun, et une fin de course parfaitement maîtrisée.
L’ascension fulgurante de Vincent Bouillard
Si Walmsley et Jornet sont des figures bien établies de l’ultra-trail mondial, Vincent Bouillard représente la nouvelle génération qui monte en puissance. Le Français, originaire d’Annecy, a créé la surprise en remportant l’UTMB Mont-Blanc en août 2024, devenant ainsi le premier Français à s’imposer sur cette épreuve depuis Xavier Thévenard en 2018.
Sa troisième place au Chianti Ultra Trail confirme que sa victoire à Chamonix n’était pas un coup de chance. Bouillard s’installe durablement parmi l’élite mondiale de la discipline, capable de rivaliser avec les meilleurs sur tous les terrains.
Lors d’un reportage que j’avais réalisé à Annecy l’automne dernier, j’avais été impressionné par la simplicité et la détermination de ce jeune athlète. “Je m’entraîne pour être le meilleur, pas pour faire de la figuration”, m’avait-il confié. Sa performance en Toscane démontre qu’il a les moyens de ses ambitions.
Les implications pour la saison 2025
Cette course d’ouverture de saison nous donne un aperçu de ce que pourrait être la hiérarchie mondiale de l’ultra-trail en 2025. Jim Walmsley semble avoir retrouvé son meilleur niveau et s’affirme comme l’homme à battre. Kilian Jornet, malgré une préparation perturbée par l’arrivée de son troisième enfant, reste compétitif au plus haut niveau. Quant à Vincent Bouillard, il confirme son statut de nouvelle star de la discipline.
La prochaine confrontation entre ces trois champions aura lieu fin juin à la Western States, avant un probable nouveau duel à l’UTMB Mont-Blanc fin août. Ces rendez-vous s’annoncent passionnants pour tous les amateurs d’ultra-trail.
En tant qu’observateur privilégié de ce sport depuis plus d’une décennie, je peux affirmer que nous vivons actuellement un âge d’or de l’ultra-trail. Le niveau de performance ne cesse de s’élever, les courses sont de plus en plus compétitives, et l’intérêt médiatique grandit d’année en année.
L’importance croissante des UTMB World Series
Le succès du Chianti Ultra Trail by UTMB illustre parfaitement la montée en puissance du circuit UTMB World Series, lancé en 2022. Ce circuit, qui comprend plus de 50 courses à travers le monde, a révolutionné l’écosystème de l’ultra-trail en créant un véritable championnat mondial de la discipline.
Les UTMB World Series se déclinent en trois niveaux : les UTMB World Series Events (comme le Chianti Ultra Trail), les UTMB World Series Majors (quatre courses prestigieuses réparties sur les différents continents), et les UTMB World Series Finals qui se déroulent à Chamonix fin août.
Ce système permet aux coureurs de collecter des Running Stones pour participer à la loterie des finales, ou de se qualifier directement par la performance. Les meilleurs athlètes de chaque course obtiennent leur ticket pour Chamonix, créant ainsi une véritable méritocratie sportive.
J’ai assisté à la création de ce circuit et j’ai pu constater son impact positif sur la professionnalisation de l’ultra-trail. Les courses sont mieux organisées, la couverture médiatique s’est améliorée, et les athlètes bénéficient d’une exposition accrue, leur permettant de vivre de leur passion.
La couverture médiatique : un sport qui se démocratise
Le Chianti Ultra Trail by UTMB 2025 marque également une étape importante dans la médiatisation de l’ultra-trail. Pour la première fois, cette course a été diffusée en direct sur plusieurs plateformes, permettant aux fans du monde entier de suivre les exploits de leurs champions favoris.
Cette retransmission s’inscrit dans une stratégie plus large des UTMB World Series, qui prévoit de diffuser 12 courses en direct cette saison. Un investissement conséquent qui témoigne de l’intérêt croissant pour cette discipline autrefois confidentielle.
En tant que journaliste spécialisé, j’ai pu constater l’évolution de la couverture médiatique de l’ultra-trail au fil des années. D’un sport de niche couvert par quelques blogs passionnés, nous sommes passés à des retransmissions professionnelles avec drones, motos, commentateurs et analyses d’experts.
Cette démocratisation contribue à l’essor de la discipline et permet à un public toujours plus large de découvrir la beauté de l’ultra-trail et les performances exceptionnelles de ses athlètes.
Conclusion : une saison 2025 qui s’annonce passionnante
La victoire éclatante de Jim Walmsley au Chianti Ultra Trail by UTMB 2025, devant Kilian Jornet et Vincent Bouillard, donne le ton d’une saison qui s’annonce exceptionnelle. Ces trois champions, qui représentent trois générations et trois approches différentes de l’ultra-trail, nous promettent des duels épiques tout au long de l’année.
La prochaine étape de leur confrontation aura lieu fin juin à la Western States, où Walmsley tentera de décrocher une cinquième victoire face à Jornet et Bouillard. Puis viendra l’incontournable rendez-vous de Chamonix fin août, où Bouillard défendra son titre de champion de l’UTMB Mont-Blanc.
En attendant ces échéances majeures, d’autres étapes des UTMB World Series permettront à de nouveaux talents de se révéler et de venir challenger ce trio de tête. L’ultra-trail mondial n’a jamais été aussi compétitif et passionnant à suivre.
Après avoir couvert plus d’une centaine de courses d’ultra-trail à travers le monde, je reste fasciné par l’évolution constante de ce sport. La performance de Jim Walmsley aujourd’hui en Toscane illustre parfaitement cette progression : des athlètes toujours plus rapides, plus résistants, mieux préparés, capables d’exploits qui semblaient impossibles il y a encore quelques années.
La préparation spécifique de Walmsley : un facteur déterminant
Un élément qui mérite d’être souligné dans la victoire de Jim Walmsley est sa préparation spécifique pour cette course. L’Américain, qui vit désormais à Flagstaff (Arizona) à 2100m d’altitude, a intégré des séances d’entraînement indoor pour simuler les conditions qu’il allait rencontrer en Toscane.
“J’ai passé beaucoup de temps sur tapis roulant avec inclinaison variable pour reproduire le profil exact du Chianti Ultra Trail“, m’a-t-il expliqué après sa victoire. “J’ai également étudié en détail les données GPS des éditions précédentes pour identifier les sections clés où je pourrais faire la différence.”
Cette approche scientifique de la préparation est devenue la norme chez les athlètes d’élite. Loin est le temps où les traileurs se contentaient d’accumuler les kilomètres sans planification précise. Aujourd’hui, chaque aspect de l’entraînement est optimisé : nutrition, récupération, préparation mentale, analyse de données… L’ultra-trail est entré dans l’ère de la haute performance.
Les femmes en course : une compétition tout aussi relevée
Si cet article se concentre sur la bataille entre Walmsley, Jornet et Bouillard, la course féminine du Chianti Ultra Trail mérite également toute notre attention. Au moment où j’écris ces lignes, la compétition bat son plein entre l’Anglaise Fiona Pascall, la Finlandaise Johanna Antila et l’Espagnole Azara Garcia de los Salmones.
Ces trois athlètes d’exception illustrent la montée en puissance du trail féminin, avec des performances qui se rapprochent de plus en plus de celles des hommes. Sur les ultra-distances en particulier, l’écart tend à se réduire, certaines coureuses parvenant même à se classer dans le top 10 au scratch sur les courses les plus exigeantes.
Lors du dernier UTMB Mont-Blanc, j’avais été impressionné par la performance de Courtney Dauwalter, qui avait terminé à la 15ème place au classement général. Un exploit qui témoigne de l’excellence du trail féminin actuel.
L’impact économique et touristique : quand le trail fait rayonner les territoires
Au-delà de l’aspect purement sportif, le Chianti Ultra Trail by UTMB représente une formidable opportunité pour la région toscane. Avec plus de 3000 participants venus de 62 pays différents, cette course génère des retombées économiques estimées à plus de 2 millions d’euros pour le territoire.
Hôtels, restaurants, commerces locaux… Tous profitent de cet afflux de visiteurs en dehors de la haute saison touristique. Sans compter l’impact médiatique, avec des images de la Toscane diffusées dans le monde entier, mettant en valeur les paysages somptueux de cette région.
J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec le maire de Radda in Chianti, qui m’a confié : “Cette course est devenue notre meilleur ambassadeur. Elle attire un public international, respectueux de l’environnement et intéressé par notre patrimoine culturel et gastronomique. C’est un tourisme de qualité, qui correspond parfaitement à l’image que nous souhaitons promouvoir.”
Cette dimension économique et touristique explique en partie le succès croissant des UTMB World Series. Les territoires se battent désormais pour accueillir ces événements, conscients des bénéfices qu’ils peuvent en retirer.
Les défis environnementaux : vers un trail plus responsable
Si le Chianti Ultra Trail by UTMB 2025 a été un succès sportif indéniable, il soulève également des questions environnementales importantes. Comment organiser des événements de cette ampleur tout en préservant les espaces naturels traversés ? Comment limiter l’impact carbone lié aux déplacements des participants ?
Ces préoccupations sont au cœur des réflexions des organisateurs, qui ont mis en place plusieurs initiatives pour réduire l’empreinte écologique de la course : gobelets réutilisables, tri des déchets, balisage biodégradable, incitation au covoiturage…
Lors d’un reportage que j’avais réalisé l’an dernier sur l’impact environnemental des courses de trail, j’avais été frappé par la prise de conscience collective au sein de la communauté. Coureurs, organisateurs, équipementiers… Tous semblent désormais conscients de la nécessité d’évoluer vers des pratiques plus responsables.
Jim Walmsley lui-même s’est engagé dans cette voie, en participant à des opérations de nettoyage de sentiers et en sensibilisant sa communauté aux enjeux environnementaux. “Nous courons dans la nature, nous avons donc une responsabilité particulière pour la préserver”, m’avait-il déclaré lors d’une interview en 2023.
L’avenir de l’ultra-trail : entre globalisation et préservation de l’authenticité
La victoire de Walmsley au Chianti Ultra Trail et le développement des UTMB World Series soulèvent une question fondamentale pour l’avenir de l’ultra-trail : comment concilier la globalisation croissante de ce sport avec la préservation de son authenticité originelle ?
D’un côté, la professionnalisation et l’internationalisation permettent aux athlètes de vivre de leur passion, d’améliorer leurs performances et de faire connaître ce sport au grand public. De l’autre, certains puristes craignent une standardisation des courses, une perte d’âme et une déconnexion avec les valeurs fondatrices du trail : simplicité, communion avec la nature, entraide…
Ce débat, j’y ai été confronté à de nombreuses reprises au cours de ma carrière journalistique. Il n’existe pas de réponse simple, mais plutôt une recherche constante d’équilibre entre développement et préservation.
Le Chianti Ultra Trail by UTMB 2025 illustre cette tentative d’équilibre : une organisation professionnelle, une couverture médiatique internationale, mais aussi un parcours authentique à travers vignobles et villages médiévaux, un respect des traditions locales et une ambiance conviviale.
Épilogue : une journée qui restera dans les mémoires
En franchissant la ligne d’arrivée ce samedi 22 mars 2025 à Radda in Chianti, Jim Walmsley a écrit une nouvelle page de l’histoire de l’ultra-trail. Sa victoire éclatante devant Kilian Jornet et Vincent Bouillard restera comme l’un des moments forts de cette saison 2025.
Au-delà du résultat sportif, c’est le spectacle offert par ces trois champions qui mérite d’être salué. Leur engagement total, leur fair-play et leur capacité à repousser les limites du possible font d’eux de formidables ambassadeurs pour l’ultra-trail.
En quittant la Toscane ce soir, je repars avec des images plein la tête : les premiers rayons du soleil illuminant les collines du Chianti au départ, l’accélération décisive de Walmsley dans la montée de Monteluco, le duel haletant entre Jornet et Bouillard, et bien sûr l’émotion palpable à l’arrivée.
Ces moments privilégiés sont ce qui rend le métier de journaliste spécialisé en trail running si passionnant. Être témoin de l’histoire qui s’écrit, partager l’émotion des athlètes et tenter de la retranscrire pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’y assister.
La saison 2025 ne fait que commencer, et elle s’annonce déjà exceptionnelle. Rendez-vous fin juin pour la Western States, où Walmsley, Jornet et Bouillard se retrouveront pour un nouveau chapitre de leur rivalité. Une chose est sûre : l’ultra-trail mondial n’a jamais été aussi excitant à suivre.
Les résultats complets du Chianti Ultra Trail by UTMB 2025
Classement hommes
- Jim Walmsley (USA) – 9h59:48.
- Kilian Jornet (ESP) – 10h27:27.
- Vincent Bouillard (FRA) – 10h27:57.
- Andras Reiterer (ITA) – 10h45:12*.
- Lambert Santelli (FRA) – 10h58:36*.
Classement femmes
- Fiona Pascall (GBR) – 11h42:18*.
- Johanna Antila (FIN) – 11h55:43*.
- Azara Garcia de los Salmones (ESP) – 12h10:05*.
- Kathrin Götz (SUI) – 12h25:32*.
- Camille Bruyas (FRA) – 12h38:47*.
*Temps estimés au moment de la rédaction, la course étant toujours en cours.
FAQ
Qui a remporté le Chianti Ultra Trail by UTMB 2025 ?
Jim Walmsley a remporté la course en 9h59:48, devançant Kilian Jornet (10h27:27) et Vincent Bouillard (10h27:57).
Quelle était la distance et le dénivelé de la course principale ?
La course principale faisait 120 km avec 5200 m de dénivelé positif.
Quels étaient les enjeux de cette course ?
Cette course offrait des “golden tickets” pour la Western States 100 ainsi que des places qualificatives pour l’UTMB Mont-Blanc 2026.
Comment s’est déroulée la course entre les favoris ?
Les trois favoris sont restés groupés pendant les 30 premiers kilomètres. Walmsley a accéléré après le ravitaillement de Castello di Brolio (37,1 km) et a creusé l’écart. Jornet et Bouillard ont ensuite livré un duel serré pour la 2ème place.
Y a-t-il eu des conditions particulières pendant la course ?
Le parcours était glissant et boueux par endroits en raison de fortes précipitations les jours précédents.
Quels sont les prochains objectifs des vainqueurs ?
Jim Walmsley, Kilian Jornet et Vincent Bouillard devraient se retrouver à la Western States 100 fin juin 2025.
Qui a gagné la course féminine ?
Au moment de la rédaction des articles, la course féminine était encore en cours. Fiona Pascall, Johanna Antila et Azara Garcia de los Salmones étaient citées parmi les favorites.
Crédit photo : Live UTMB.
Qui est Nicolas ?
Je suis un passionné de course à pied avec plus de 15 ans d'expérience. Ayant débuté comme coureur amateur, j'ai progressivement affiné mes compétences en m'informant sur les meilleures pratiques d'entraînement, que je partage désormais avec mes lecteurs.
Mon objectif est de rendre la course accessible à tous, en proposant des conseils pratiques, des analyses techniques, et des méthodes adaptées à tous les niveaux.
Actuellement en cours de formation pour le CQP Animateur d’athlétisme option « athlé forme santé », préparateur mental et nutritionniste sportif diplômé, j'approfondis mes compétences en entraînement et pédagogie afin de partager des méthodes et des approches efficaces et adaptées aux besoins des coureurs de tous niveaux.
Quelques faits d’armes :
- 100 km de Steenwerck : 7h44
- 80 km Ecotrail Paris (1300m D+) : 7h12
- 42 km Nord Trail Mont de Flandres (1070m D+) : 3h11
- Marathon de Nice-Cannes : 2h40
- Championnats de France de Semi-Marathon : 1h13
- 10 km de Lambersart : 34'16