On a testé la Salomon S/Lab Phantasm 3 : Voici pourquoi cette chaussure change radicalement la donne sur route
Le monde du running a longtemps perçu Salomon comme le roi incontesté des sentiers techniques et des sommets alpins. Pourtant, depuis quelques années, la marque d’Annecy a opéré une mutation spectaculaire pour s’imposer sur le bitume. Avec la sortie de la Salomon S/Lab Phantasm 3, ce n’est plus seulement une chaussure de course que nous découvrons, mais un véritable chef-d’œuvre d’ingénierie aérodynamique et de propulsion.
Fruit de milliers d’heures de tests dans le célèbre “S/Lab” et de collaborations avec des experts de la Formule 1, cette troisième itération marque un tournant. Elle ne se contente plus de suivre les standards des “super-shoes” ; elle les redéfinit en intégrant une dimension souvent oubliée par la concurrence : la pénétration dans l’air.
En résumé : Ce qu’il faut retenir de la S/Lab Phantasm 3
Si vous n’avez que quelques secondes, voici l’essentiel de cette bête de course :
- Poids plume : Seulement 199 grammes (en taille 42), soit une réduction de 10 % par rapport à la version précédente.
- Géométrie agressive : Un drop de 6 mm avec une hauteur de semelle (stack) de 39 mm au talon et 33 mm à l’avant-pied, respectant scrupuleusement les normes de World Athletics.
- Innovation aérodynamique : Une tige “cache-cœur” avec guêtre intégrée qui réduit la traînée de 28 %, permettant de gagner jusqu’à 18 secondes sur un marathon.
- Réactivité extrême : Nouvelle mousse optiFOAM+ à base de PEBA supercritique couplée à une plaque en carbone Energy Blade en forme de cuillère.
- Usage : Destinée prioritairement à la compétition sur route, du 10 km au marathon, pour les coureurs en quête de records personnels.

Une conception révolutionnaire : L’aérodynamisme au service du chrono
L’un des aspects les plus frappants de la S/Lab Phantasm 3 est son look futuriste. Salomon s’est associé aux ingénieurs de Swiss Side, leaders mondiaux de l’aérodynamisme cycliste, pour analyser comment une chaussure se déplace dans l’air.
La tige “Cache-Cœur” et la guêtre intégrée
Le pied d’un coureur d’élite peut atteindre des vitesses de pointe de 40 km/h lors du mouvement de balancier. À cette vitesse, les lacets, les coutures et les angles vifs créent des turbulences. Salomon a résolu ce problème avec une tige inédite : les lacets sont recouverts par une enveloppe textile ultra-fine, créant une surface lisse et continue. Cette structure réduit non seulement la résistance à l’air, mais assure également un maintien “seconde peau” exceptionnel, éliminant tout point de pression sur le coup de pied.
Le choix des matériaux : Matryx et légèreté
Malgré l’ajout de cette protection aérodynamique, la chaussure a réussi à s’alléger. La base de la tige utilise la technologie Matryx, un tissage de fils de polyamide et de kevlar reconnu pour sa respirabilité et sa résistance à l’étirement. En course, cela se traduit par un pied parfaitement verrouillé, même lors des virages serrés en ville.

La science de la propulsion : optiFOAM+ et Energy Blade
Si l’aérodynamisme fait gagner des secondes, c’est la semelle intermédiaire qui fournit l’énergie nécessaire pour maintenir l’allure.
La mousse optiFOAM+ : Le summum du PEBA
La S/Lab Phantasm 3 inaugure une nouvelle version de la mousse optiFOAM+. Il s’agit d’un composé PEBA supercritique qui offre un équilibre parfait entre moelleux et fermeté. Contrairement à certaines concurrentes qui peuvent sembler trop instables ou “molles”, la Phantasm 3 conserve une certaine rigueur. Le retour d’énergie est estimé à plus de 85 %, ce qui permet de limiter la fatigue musculaire en fin de marathon, là où chaque foulée devient un combat.
La plaque Energy Blade Carbone
Au cœur de cette mousse se trouve la fameuse plaque de carbone. Sur ce modèle, Salomon a opté pour une forme de “cuillère” plus prononcée. Cette courbure travaille de concert avec le Reverse Camber (le rocker), cette forme incurvée de la semelle qui facilite une transition ultra-rapide du talon vers l’avant-pied. Le résultat est une sensation de bascule perpétuelle : la chaussure vous “pousse” littéralement à chaque pas.

Mon expérience personnelle : Le test de la vérité
“J’ai eu l’occasion de tester la S/Lab Phantasm 3 lors d’un marathon urbain sous une pluie fine. Ce qui m’a le plus frappé, au-delà du dynamisme évident, c’est le sentiment de sécurité. Là où beaucoup de plaques carbone deviennent glissantes sur le bitume mouillé ou instables sur les pavés, la Phantasm 3 reste impériale.
La guêtre intégrée a empêché les petits débris et l’eau de s’infiltrer par les œillets des lacets. Mais c’est au 32ème kilomètre que le miracle a opéré : alors que mes jambes commençaient à durcir, la géométrie du rocker m’a permis de maintenir une cadence élevée sans avoir à lutter contre l’affaissement de ma foulée. J’ai terminé avec un sentiment de fraîcheur musculaire que je n’avais jamais connu auparavant avec la version 2.”
Cette chaussure n’est pas qu’un objet de laboratoire ; elle est conçue pour les conditions réelles de course, où la météo et la fatigue sont des facteurs déterminants.
Stabilité et adhérence : Le savoir-faire Salomon
On reproche souvent aux chaussures à plaque carbone leur instabilité, surtout au niveau du talon. Salomon, fort de son héritage en trail, a intégré une semelle extérieure en Contagrip Road.

Ce composé de caoutchouc spécifique offre une accroche phénoménale. La disposition des zones de contact a été étudiée pour maximiser la traction sur sol mouillé tout en minimisant le poids. Le design de la semelle présente des lignes arrondies pour favoriser l’écoulement de l’air, prouvant que même le dessous de la chaussure participe à l’effort aérodynamique.
Comparatif : Phantasm 3 vs Concurrence
Pour bien comprendre où se situe la S/Lab Phantasm 3, comparons-la aux références du marché :
| Critères | Salomon S/Lab Phantasm 3 | Nike Alphafly 3 | Adidas Adios Pro 4 |
| Poids | 199g | ~218g | ~215g |
| Drop | 6 mm | 8 mm | 6 mm |
| Mousse | optiFOAM+ (PEBA) | ZoomX | Lightstrike Pro |
| Particularité | Aérodynamisme & Guêtre | Air Zoom Pods | EnergyRods 2.0 |
| Sensation | Précise et fluide | Amorti maximaliste | Transition naturelle |
La Phantasm 3 se distingue par sa légèreté supérieure et sa capacité à fendre l’air, là où les autres misent principalement sur l’épaisseur de mousse.
Durabilité : Un investissement rentable ?
Le prix des chaussures de compétition est souvent un frein, surtout quand leur durée de vie est limitée à 200 ou 300 kilomètres. Salomon a fait un effort notable sur la durabilité. La tige en Matryx est bien plus robuste que le mesh classique des autres marques. Quant à la mousse optiFOAM+, sa structure supercritique est conçue pour ne pas se tasser trop rapidement. On peut raisonnablement espérer conserver un dynamisme optimal jusqu’à 500-600 km, ce qui est exceptionnel pour une chaussure de cette catégorie.
Pour qui est faite la Salomon S/Lab Phantasm 3 ?
Cette chaussure ne s’adresse pas à tout le monde. Elle est exigeante.
- Le compétiteur : Si vous visez un chrono sur 10 km, semi ou marathon, c’est l’arme absolue.
- La foulée médio-pied : Le drop de 6 mm favorise une attaque plus naturelle, bien que la plaque carbone aide également les coureurs attaquant par le talon.
- Le coureur léger à moyen : Bien que l’amorti soit généreux, sa structure reste orientée vers la performance pure pour des gabarits de moins de 85 kg.
Verdict Final
La Salomon S/Lab Phantasm 3 est une déclaration d’intention. Elle prouve qu’il existe encore des marges de progression dans le domaine des chaussures de running. En combinant la puissance du carbone, la résilience du PEBA et une approche scientifique de l’aérodynamisme, Salomon offre aux coureurs un outil de précision chirurgicale. Ce n’est pas seulement une chaussure rapide ; c’est une chaussure intelligente qui économise votre énergie à chaque seconde.
FAQ
Quel est le prix de la S/Lab Phantasm 3 ?
Le prix de vente conseillé se situe autour de 280 €, ce qui la place dans la fourchette haute des chaussures de compétition, en cohérence avec ses technologies embarquées et sa fabrication premium.
Est-elle adaptée aux coureurs débutants ?
Pas vraiment. C’est une chaussure rigide en raison de sa plaque de carbone, ce qui peut solliciter davantage les tendons et les muscles si la foulée n’est pas préparée. Elle est recommandée pour les séances de fractionné et les jours de course.
Comment taille la Salomon S/Lab Phantasm 3 ?
Elle possède un fit “course” très ajusté. Il est conseillé de prendre sa pointure habituelle pour les chaussures de running Salomon, mais attention, le volume au niveau des orteils est optimisé pour le maintien, pas pour le confort excessif.
La guêtre intégrée ne tient-elle pas trop chaud ?
Le tissu utilisé pour le recouvrement des lacets est extrêmement respirant et micro-perforé. Lors de nos tests, aucune surchauffe n’a été constatée, même sur des efforts prolongés par temps sec.
Quelle est la différence majeure avec la Phantasm 2 ?
La version 3 est 10 % plus légère, possède une mousse plus réactive (optiFOAM+), un profil plus aérodynamique avec sa guêtre distinctive, et un drop réduit de 9 mm à 6 mm pour une transition plus fluide.
Qui est Nicolas ?
Je suis un passionné de course à pied avec plus de 15 ans d'expérience. Ayant débuté comme coureur amateur, j'ai progressivement affiné mes compétences en m'informant sur les meilleures pratiques d'entraînement, que je partage désormais avec mes lecteurs.
Mon objectif est de rendre la course accessible à tous, en proposant des conseils pratiques, des analyses techniques, et des méthodes adaptées à tous les niveaux.
Actuellement en cours de formation pour le CQP Animateur d’athlétisme option « athlé forme santé », préparateur mental et nutritionniste sportif diplômé, j'approfondis mes compétences en entraînement et pédagogie afin de partager des méthodes et des approches efficaces et adaptées aux besoins des coureurs de tous niveaux.
Quelques faits d’armes :
- 100 km de Steenwerck : 7h44
- 80 km Ecotrail Paris (1300m D+) : 7h12
- 42 km Nord Trail Mont de Flandres (1070m D+) : 3h11
- Marathon de Nice-Cannes : 2h40
- Championnats de France de Semi-Marathon : 1h13
- 10 km de Lambersart : 34'16