Runner’s face Faut-il vraiment arrêter de courir pour garder une peau jeune

“Runner’s face” : Faut-il vraiment arrêter de courir pour garder une peau jeune ?

C’est un matin de janvier 2026, le givre craque sous mes semelles, et comme des milliers de passionnés, je termine ma boucle de 12 kilomètres. En rentrant, je jette un œil dans le miroir. J’ai ce fameux “glow”, ce teint rosé que seule une bonne séance de cardio peut offrir.

Pourtant, en ouvrant mon téléphone, je tombe sur une énième vidéo TikTok m’expliquant que ma passion est en train de détruire mon visage.

Le terme est sur toutes les lèvres : la “Runner’s face”. Selon cette théorie virale, la course à pied intensive provoquerait un affaissement prématuré des tissus, des joues creusées et un regard fatigué. Mais qu’en est-il réellement ? En tant que coureur régulier et observateur attentif des mécanismes de santé, j’ai voulu creuser le sujet, au-delà des tendances éphémères.

Voici une analyse complète, scientifique et humaine pour comprendre si courir vous fait vraiment vieillir, ou si l’on cherche simplement un nouveau coupable à un processus naturel : le temps.

Runner's Face : La course à pied fait-elle vraiment vieillir le visage ?

Qu’est-ce que la “Runner’s face” ? Mythe ou réalité anatomique ?

Le concept de “visage du coureur” repose sur une observation simple mais souvent mal interprétée. Les coureurs de fond, ceux qui accumulent les kilomètres chaque semaine, ont tendance à avoir un visage plus anguleux, parfois perçu comme “émacié”.

La théorie des chocs mécaniques

L’idée qui circule sur les réseaux sociaux est que les impacts répétés du pied sur le sol (environ 160 à 180 pas par minute) créeraient des ondes de choc remontant jusqu’au visage. Ces secousses finiraient par distendre les ligaments suspenseurs de la face et par casser les fibres de collagène et d’élastine. Résultat ? La peau “tomberait” sous l’effet de la gravité accélérée.

La réalité du volume graisseux

Pourtant, la science est formelle : le visage ne tombe pas parce qu’il “saute”. Il change parce que le coureur est, par définition, une personne ayant un indice de masse grasse souvent faible. Le visage possède des compartiments graisseux (les boules de Bichat, les graisses malaires) qui lui donnent son aspect pulpeux et jeune.

Mon anecdote: Il y a quelques années, lors de ma préparation pour mon premier marathon, j’avais perdu environ 5 kilos. Un proche, ne m’ayant pas vu depuis longtemps, m’a lancé : “Tu as l’air fatigué, ton visage a fondu”. Ce n’était pas ma peau qui s’était relâchée, c’était simplement la graisse de mes joues qui avait servi de carburant à mes muscles. C’est là que le malentendu commence.


Les véritables coupables du vieillissement cutané chez le sportif

Si la course à pied en elle-même n’est pas l’ennemie, certains facteurs environnementaux liés à sa pratique le sont. C’est ici que l’expertise et la prudence entrent en jeu.

1. L’exposition aux rayons UV : Le “Photo-vieillissement”

C’est le facteur numéro un, et de loin. Un coureur passe des heures en extérieur. Même par temps gris, les UVA pénètrent le derme et détruisent le collagène. C’est ce qu’on appelle le photo-vieillissement. La plupart des visages de coureurs marqués ne souffrent pas de “rebonds”, mais de dommages solaires accumulés sur des années sans protection adéquate.

2. Le stress oxydatif

Lors d’un effort intense et prolongé, notre corps consomme énormément d’oxygène, ce qui produit des radicaux libres. En excès, ces molécules instables s’attaquent aux cellules de la peau. Si la récupération et l’alimentation ne suivent pas, ce stress oxydatif peut effectivement accélérer le vieillissement cellulaire.

3. La déshydratation chronique

La peau est le dernier organe à être servi en eau lors de l’effort, car le corps privilégie les muscles et le cœur. Une peau régulièrement déshydratée perd de sa densité et de son éclat, rendant les ridules plus visibles.

@noemietoutcours

Le “running face”, c’est un terme utilisé pour décrire l’apparence d’un visage qui semble prématurément vieilli chez certaines personnes qui courent beaucoup La course à pied ne fait pas directement vieillir le visage je vous rassure ! ⚠️Mais certains facteurs associés peuvent avoir un impact si on n’y fait pas attention. Il s’agit surtout de : -perte de masse graisseuse, -d’exposition au soleil -parfois de stress oxydatif #courseapied #courirpourleplaisir

♬ son original – Noémie 🏃🏼‍♀️

Comparatif : Mythe vs réalité scientifique

FacteurCroyance Populaire (Mythe)Réalité Scientifique (Fait)
Impacts au solIls déchirent les tissus de la peau.Aucun lien prouvé entre impacts et relâchement cutané.
Perte de grasC’est mauvais pour le visage.La perte de volume graisseux facial accentue les traits existants.
SoleilCourir donne bonne mine.Sans protection, les UV causent 80 % des rides du coureur.
MicrocirculationRien à voir.Le sport améliore l’oxygénation et l’éclat du teint.

Les bienfaits insoupçonnés de la course à pied pour votre peau

Il serait injuste de ne voir que le négatif. En réalité, courir peut être une véritable cure de jouvence si l’on respecte certaines règles.

L’activation de la microcirculation

Lorsque vous courez, votre rythme cardiaque augmente et vos vaisseaux sanguins se dilatent. Cette vascularisation accrue permet d’apporter plus de nutriments et d’oxygène aux cellules cutanées. C’est un drainage lymphatique naturel qui aide à évacuer les toxines et donne cet aspect “vivant” à la peau.

La réduction du cortisol

Le stress est l’un des plus grands destructeurs de collagène. En courant, nous libérons des endorphines et de la sérotonine, réduisant ainsi le niveau de cortisol (l’hormone du stress). Une personne moins stressée a souvent une peau plus saine et moins sujette aux inflammations comme l’acné ou l’eczéma.

La stimulation des mitochondries

Certaines études suggèrent que l’exercice d’endurance pourrait inverser certains signes de vieillissement cutané en améliorant la santé des mitochondries (les usines à énergie de nos cellules) au sein même du derme.


Mon protocole “Anti-Runner’s Face” : 5 conseils d’expert

Après des années à arpenter les chemins, j’ai mis au point une routine qui me permet de garder les bénéfices du sport sans les inconvénients esthétiques.

  1. Le SPF 50 est non négociable : Même en hiver, même quand il pleut. J’utilise des sticks solaires invisibles qui ne coulent pas dans les yeux avec la transpiration.
  2. L’hydratation “Double Action” : Boire de l’eau riche en minéraux pendant l’effort, et appliquer un sérum à l’acide hyaluronique immédiatement après la douche pour sceller l’humidité.
  3. L’alimentation antioxydante : Faire le plein de vitamine C, de vitamine E et de polyphénols (baies, thé vert, légumes verts) pour neutraliser les radicaux libres produits pendant la course.
  4. Le sommeil réparateur : C’est pendant la nuit que la peau se régénère. Après une séance de fractionné, je m’impose 8 heures de sommeil minimum.
  5. Ne pas viser une maigreur extrême : Pour garder un visage pulpeux, il faut accepter d’avoir un peu de “réserve”. Vouloir être “sec” à tout prix est le chemin le plus court vers les traits creusés.

L’anecdote du “Vieux Sage” des sentiers

Il y a peu, j’ai croisé un coureur d’ultra-trail de 65 ans. Son visage était marqué, certes, mais par des rides d’expression, des rides de rire au coin des yeux. Il respirait la vitalité. À côté, un sédentaire du même âge pouvait avoir une peau plus “lisse”, mais un teint gris et un manque de tonus musculaire flagrant.

Le terme “Runner’s face” est souvent utilisé de manière péjorative par une société obsédée par le “lissage” total. Mais la course à pied donne une expression de vie. Préfère-t-on un visage figé mais vide de mouvement, ou un visage qui raconte des kilomètres de liberté ?


Conclusion : Faut-il arrêter de courir ?

La réponse est un non catégorique. La “Runner’s face” n’est pas une fatalité liée au mouvement, mais la conséquence d’une exposition prolongée aux éléments et d’une gestion du poids parfois extrême.

En 2026, avec les connaissances dont nous disposons sur la protection solaire et la nutrition, il est tout à fait possible d’être un coureur de haut niveau tout en gardant une peau saine et jeune. Ne laissez pas un buzz TikTok vous priver des endorphines et de la santé cardiovasculaire que procure le running. Protégez votre peau, hydratez-vous, et continuez à dévorer les kilomètres.


Sources et études scientifiques pour aller plus loin


Nicolas Dayez, Fondateur de Athlé expliqué

Qui est Nicolas ?

Je suis un passionné de course à pied avec plus de 15 ans d'expérience. Ayant débuté comme coureur amateur, j'ai progressivement affiné mes compétences en m'informant sur les meilleures pratiques d'entraînement, que je partage désormais avec mes lecteurs.

Mon objectif est de rendre la course accessible à tous, en proposant des conseils pratiques, des analyses techniques, et des méthodes adaptées à tous les niveaux.

Actuellement en cours de formation pour le CQP Animateur d’athlétisme option « athlé forme santé », préparateur mental et nutritionniste sportif diplômé, j'approfondis mes compétences en entraînement et pédagogie afin de partager des méthodes et des approches efficaces et adaptées aux besoins des coureurs de tous niveaux.

Quelques faits d’armes :
- 100 km de Steenwerck : 7h44
- 80 km Ecotrail Paris (1300m D+) : 7h12
- 42 km Nord Trail Mont de Flandres (1070m D+) : 3h11
- Marathon de Nice-Cannes : 2h40
- Championnats de France de Semi-Marathon : 1h13
- 10 km de Lambersart : 34'16

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