Ruth Chepngetich, la recordwoman du marathon est suspendue 3 ans pour dopage
La carrière de Ruth Chepngetich, l’une des figures les plus dominantes du marathon féminin, vient de basculer. La recordwoman du monde a été frappée d’une suspension de trois ans après un test positif à une substance interdite, l’hydrochlorothiazide (HCTZ) : un diurétique dopant connu pour masquer la présence d’autres produits améliorant la performance.
En bref
- Ruth Chepngetich, championne du monde et détentrice du record du marathon féminin (2h09’56), a été suspendue trois ans pour dopage.
- Substance détectée : hydrochlorothiazide (HCTZ), diurétique interdit.
- Record toujours valide, mais en sursis.
- Le dopage au Kenya réveille un débat mondial sur la transparence et la justice sportive.
De l’apogée à la controverse
En octobre 2024, Chepngetich entrait dans l’histoire : 2h09’56 à Chicago, un temps jamais réalisé par une femme. L’exploit la propulse au rang d’icône, première athlète à franchir la barre des 2 heures 10, repoussant les limites du sport de haut niveau.
Mais l’euphorie est de courte durée : le 16 avril 2025, elle est informée d’un contrôle positif, avec un taux de HCTZ 190 fois supérieur au seuil autorisé.
Quelques jours auparavant, elle terminait deuxième du semi‑marathon de Lisbonne (1h06’20), dernière compétition avant sa préparation pour Londres.
L’enquête de l’AIU
L’Athletics Integrity Unit (AIU), organisme chargé de la lutte antidopage, mène une enquête approfondie.
Chepngetich nie toute utilisation volontaire de substances illicites, fournit ses médicaments et compléments au laboratoire, tous négatifs.
Mais l’AIU remonte à ses données téléphoniques, y découvre des messages WhatsApp, des photos de vials de testostérone et des échanges évoquant des “programmes améliorants”.
Face à ces révélations, la marathonienne maintient sa version… jusqu’à la fin juillet.
Un revirement qui interroge
Le 31 juillet 2025, Chepngetich affirme qu’elle aurait pris par erreur le médicament de sa femme de ménage, contenant de l’HCTZ.
L’AIU juge cette explication “hardly credible”, évoquant une négligence grave assimilée à une intention indirecte.
La sanction potentielle monte alors à quatre ans, mais sa coopération lui permet une réduction à trois ans, interdisant toute compétition jusqu’en avril 2028.
Ce que l’enquête a révélé
Les éléments numériques confortent les soupçons :
- Images de stéroïdes anabolisants (Anavar) apparues dans ses fichiers.
- Discussions sur des “plans d’optimisation” impliquant des tiers anonymes.
- Traces d’échanges remontant à 2022, période où elle dominait les grands marathons.
Malgré cela, l’AIU confirme que son record de Chicago reste valide “pour l’instant”.
Mais les analyses se poursuivent sur le matériel retrouvé, notamment à propos de possibles violations additionnelles.
Un nouveau coup dur pour le Kenya
Le cas de Chepngetich souligne la crise persistante du dopage au Kenya.
Depuis 2017, plus de 140 athlètes kényans ont été suspendus par l’AIU, dont Jemima Sumgong et Rita Jeptoo, ex‑championnes de Boston et Chicago.
Ce phénomène alimente les tensions entre les autorités sportives et l’Agence mondiale antidopage (AMA).
Le gouvernement kényan ayant divisé par deux le budget de l’agence nationale, la lutte antidopage se fragilise, alors même que le pays demeure une terre mythique du running d’élite.
Une image ternie, un record incertain
Aujourd’hui, Ruth Chepngetich paie le prix fort.
Son nom figure toujours en haut des tableaux de records, mais son image s’effrite.
Son record historique de Chicago pourrait être réévalué si d’autres preuves émergent.
À 31 ans, privée de compétition pour trois ans, elle rejoint la liste des icônes tombées pour dopage, un drame symbolique pour l’éthique sportive et la crédibilité du marathon féminin.
Les leçons du scandale
Ce cas illustre les dangers du dopage masqué, les failles de la surveillance biologique et la pression constante subie par les athlètes de haut niveau.
L’hydrochlorothiazide, en apparence anodin, est utilisé pour dissimuler des anabolisants, rendant la course aux molécules de plus en plus difficile à détecter.
Les organismes comme l’AIU et l’AMA misent désormais sur le passeport biologique : un suivi chronologique des variables physiologiques censé révéler indirectement l’usage de produits dopants.
Ce que symbolise l’affaire Chepngetich
Le cas de Ruth Chepngetich ne se réduit pas à une infraction : il raconte la fracture entre performance et intégrité.
Le dopage reste une ombre sur la réussite dans l’athlétisme moderne, poussé par la pression du sponsoring, la médiatisation, et la quête incessante du “toujours plus”.
Cette affaire rappelle que, malgré les innovations scientifiques, le sport propre reste un idéal difficile à défendre.
🕊️ Dans un monde où la course à la performance dépasse parfois la raison, l’affaire Chepngetich restera comme un symbole de la fragilité du sport élite.
Qui est Nicolas ?
Je suis un passionné de course à pied avec plus de 15 ans d'expérience. Ayant débuté comme coureur amateur, j'ai progressivement affiné mes compétences en m'informant sur les meilleures pratiques d'entraînement, que je partage désormais avec mes lecteurs.
Mon objectif est de rendre la course accessible à tous, en proposant des conseils pratiques, des analyses techniques, et des méthodes adaptées à tous les niveaux.
Actuellement en cours de formation pour le CQP Animateur d’athlétisme option « athlé forme santé », préparateur mental et nutritionniste sportif diplômé, j'approfondis mes compétences en entraînement et pédagogie afin de partager des méthodes et des approches efficaces et adaptées aux besoins des coureurs de tous niveaux.
Quelques faits d’armes :
- 100 km de Steenwerck : 7h44
- 80 km Ecotrail Paris (1300m D+) : 7h12
- 42 km Nord Trail Mont de Flandres (1070m D+) : 3h11
- Marathon de Nice-Cannes : 2h40
- Championnats de France de Semi-Marathon : 1h13
- 10 km de Lambersart : 34'16