Test Kipsummit Max : la nouvelle reine des sentiers techniques ?
Le monde du trail running a connu une mutation profonde ces dernières années. On ne cherche plus simplement une chaussure pour courir dans la boue, mais un véritable outil de précision capable d’affronter des terrains alpins, de protéger le pied sur des distances “Ultra” et d’offrir un dynamisme suffisant pour relancer sur les portions plates. C’est dans ce contexte ultra-concurrentiel que débarque la Kipsummit Max.
Promesse d’un amorti maximal sans sacrifier la stabilité, ce modèle semble vouloir s’imposer comme la référence polyvalente pour les coureurs de tous niveaux. Après plus de 500 kilomètres parcourus sur des terrains variés, de la forêt grasse aux pierriers instables, voici notre analyse complète.
En résumé : ce qu’il faut retenir des chaususres Kipsummit Max
Si vous cherchez une réponse rapide avant de lacer vos chaussures, voici les points clés :
- Profil : Chaussure de trail polyvalente pour moyennes et longues distances (Ultra-trail).
- Amorti : Exceptionnel grâce à la mousse K-Foam nouvelle génération.
- Accroche : Crampons de 5 mm avec un composé de gomme haute performance.
- Poids : 295g en pointure 42 (un excellent ratio protection/poids).
- Points forts : Confort immédiat, stabilité latérale, et robustesse du pare-pierres.
- Points faibles : Un peu rigide lors des premières sorties, nécessite un léger rodage.
- Usage idéal : Sorties longues, terrains techniques, montagne, entraînements quotidiens.

Une aventure inattendue dans le Beaufortain
Pour tester réellement une chaussure de trail, rien ne vaut les conditions changeantes de la haute montagne. Lors d’une reconnaissance sur le parcours de l’Ultra-Trail du Beaufortain, j’ai été surpris par un orage de grêle soudain, transformant les sentiers de terre sèche en véritables toboggans de boue liquide et de schiste glissant.
C’est précisément dans ce genre de moment que l’on bénit (ou que l’on maudit) son équipement. Alors que mes compagnons de route commençaient à douter de chaque appui, j’ai ressenti une sécurité inhabituelle avec les Kipsummit Max. La structure de la chaussure ne s’est pas affaissée sous l’effet de l’humidité, et le maintien du talon est resté exemplaire malgré les dévers prononcés.
En fin de journée, après 10 heures passées debout et plus de 3000 mètres de dénivelé positif, je n’avais aucune ampoule, aucune douleur sous la voûte plantaire, et surtout, mes articulations ne réclamaient pas grâce. Cette expérience a été le déclic : la Kipsummit Max n’est pas qu’une chaussure de plus, c’est une alliée de confiance quand les conditions deviennent hostiles.
Analyse technique : une construction taillée pour l’aventure
La tige et le mesh : entre respirabilité et protection
Le dessus de la chaussure, ou tige, utilise un mesh technique double couche. La couche extérieure est conçue pour résister à l’abrasion (branches, rochers tranchants), tandis que la couche interne privilégie l’évacuation de la transpiration.
Le système de laçage est classique mais redoutablement efficace. Les lacets plats ne se desserrent pas au fil des kilomètres, et une petite poche sur la languette permet de les ranger pour éviter qu’ils ne s’accrochent dans les ronces. Le pare-pierres en TPU (polyuréthane thermoplastique) remonte généreusement sur l’avant du pied, protégeant les orteils des chocs frontaux, un détail vital en descente technique.

La semelle intermédiaire : le secret de l’amorti k-foam
C’est ici que réside la véritable magie de la Kipsummit Max. La marque a développé une mousse propriétaire appelée K-Foam. Contrairement aux mousses EVA classiques qui ont tendance à se tasser après 200 km, la K-Foam conserve ses propriétés de rebond sur la durée.
L’amorti est généreux sous le talon, idéal pour les coureurs qui ont une attaque “talon” en fin de course quand la fatigue s’installe. Mais ce qui surprend, c’est la propulsion sur l’avant-pied. La chaussure n’est pas “molle” ; elle renvoie l’énergie de manière très saine, ce qui permet de maintenir une foulée efficace même sur le plat.
La semelle extérieure : l’art de l’accroche
Le dessous de la chaussure présente des crampons multidirectionnels de 5 mm. Leur disposition a été étudiée pour favoriser la traction en montée (crampons inversés à l’avant) et le freinage en descente (crampons à l’arrière).
La gomme utilisée offre un excellent compromis entre adhérence sur roche mouillée et durabilité sur bitume. Même si ce n’est pas une chaussure de route, les portions de liaison asphalte ne détruisent pas les crampons prématurément, ce qui est un gage de qualité pour un usage mixte.
Le confort immédiat : un chausson travaillé
Dès l’enfilage, on ressent un effet “chausson”. Le col de la cheville est généreusement rembourré, évitant tout frottement irritant sur les malléoles. La toe-box (boîte à orteils) est suffisamment large pour permettre une expansion naturelle des pieds après plusieurs heures d’effort, sans pour autant être trop flottante, ce qui nuirait à la précision de l’appui.
La gestion de l’humidité
Un point souvent négligé est la capacité de la chaussure à ne pas stocker l’eau. Lors de traversées de ruisseaux, la Kipsummit Max évacue l’excédent de liquide assez rapidement. Le mesh ne se gorge pas d’eau, ce qui évite de se retrouver avec des “enclumes” aux pieds pour le reste de la sortie.
Le maintien du talon
Grâce à une coque rigide discrète mais ferme à l’arrière, le talon est parfaitement verrouillé. Cela limite les mouvements parasites à l’intérieur de la chaussure, réduisant drastiquement le risque d’échauffements et garantissant une stabilité optimale dans les singles accidentés.

L’adhérence au microscope : la technologie de la semelle
L’adhérence est le nerf de la guerre en trail. Une chaussure qui glisse est une chaussure qui fatigue le coureur, car chaque muscle doit compenser l’instabilité.
Comportement sur sol gras
Dans la boue profonde, la Kipsummit Max s’en sort avec les honneurs. L’espacement entre les crampons permet un débourrage efficace : la terre ne reste pas collée sous la semelle, ce qui permet de garder du grip foulée après foulée.
Performance sur roche humide
C’est souvent le point faible des chaussures de trail. La gomme de la Max possède un indice de friction élevé. Sur des dalles rocheuses mouillées ou des racines, elle offre une traction rassurante. Bien sûr, la prudence reste de mise, mais la sensation de “glisse” est largement atténuée par rapport aux modèles standards.
Amorti et dynamisme : le juste équilibre
On oppose souvent l’amorti (confort) au dynamisme (vitesse). La Kipsummit Max tente le pari de réconcilier les deux.
- En montée : Le poids contenu de la chaussure permet de ne pas se sentir lesté. La flexibilité de la semelle à l’avant facilite la poussée sur la pointe des pieds.
- En descente : C’est là que l’amorti brille. On peut “envoyer” dans les pentes sans craindre pour ses genoux ou son dos. La chaussure absorbe les chocs les plus violents, offrant un confort de type “tapis roulant”.
- Sur le plat : La transition talon-orteil est fluide. Le drop (différence de hauteur entre l’arrière et l’avant) de 8 mm est un choix équilibré qui convient à une immense majorité de coureurs, favorisant une foulée naturelle tout en protégeant le tendon d’Achille.
Durabilité et robustesse : un investissement sur le long terme
Le prix du matériel de trail peut être un frein. Acheter une paire de chaussures qui s’éventre après 300 km est une expérience frustrante.
Après notre phase de test intensive, l’usure de la Kipsummit Max est très satisfaisante.
- Le mesh ne présente aucun signe de déchirure aux points de pliage.
- La semelle ne montre pas de signes de décollement.
- Les crampons sont encore bien saillants malgré des passages répétés sur des terrains abrasifs.
Cette longévité s’explique par l’utilisation de matériaux premium et une attention particulière portée aux zones de tension. C’est une chaussure conçue pour durer, ce qui en fait un excellent rapport qualité-prix sur le marché de l’équipement de sport.
Conseils pour bien choisir sa pointure
Comme pour la plupart des modèles de trail, il est recommandé de prendre une demi-pointure, voire une pointure de plus que votre taille habituelle. Pourquoi ?
- Le pied gonfle systématiquement avec l’effort et la chaleur.
- En descente, vos orteils glissent légèrement vers l’avant. Si la chaussure est trop ajustée, vous risquez l’ongle noir.
- La Kipsummit Max ayant un chaussant précis, laisser un espace d’environ un centimètre entre vos orteils et le bout de la chaussure est la règle d’or.
Conclusion : notre verdict sur la Kipsummit Max
La Kipsummit Max est une réussite indéniable. Elle parvient à offrir un niveau de protection digne d’une chaussure de montagne lourde avec la légèreté et la souplesse d’un modèle de compétition. Que vous soyez un débutant cherchant de la sécurité ou un coureur expérimenté visant un Ultra, elle saura vous accompagner fidèlement.
Son point fort reste sa polyvalence : elle est aussi à l’aise sur un sentier côtier que sur un chemin de crête escarpé. Si vous ne devez posséder qu’une seule paire de chaussures pour toutes vos aventures en nature, ce modèle mérite amplement sa place dans votre placard.
FAQ
Est-ce que la Kipsummit Max est adaptée aux coureurs lourds ?
Oui, absolument. Grâce à sa mousse K-Foam haute densité et son amorti généreux, elle offre le soutien nécessaire pour les coureurs de plus de 85-90 kg, limitant les impacts traumatisants pour les articulations.
La chaussure est-elle imperméable ?
Ce modèle n’est pas doté d’une membrane imperméable de type Gore-Tex. C’est un choix délibéré pour favoriser la respirabilité et permettre à l’eau de s’évacuer rapidement. Pour une utilisation hivernale dans la neige, des chaussettes imperméables peuvent être un bon complément.
Quel est le drop exact de la Kipsummit Max ?
Le drop est de 8 mm. C’est une valeur intermédiaire très polyvalente qui permet une transition douce pour ceux qui viennent de la route, tout en restant suffisamment stable pour les sentiers techniques.
Peut-on utiliser des semelles orthopédiques avec ce modèle ?
Oui, la semelle intérieure d’origine est amovible. Vous pouvez facilement la remplacer par vos propres semelles orthopédiques sans que cela ne modifie le volume chaussant de manière excessive.
Combien de kilomètres peut-on espérer faire avec une paire ?
En fonction de votre poids, de votre foulée et du terrain, vous pouvez espérer parcourir entre 800 et 1000 km. C’est une durée de vie supérieure à la moyenne des chaussures de trail de performance.
Qui est Nicolas ?
Je suis un passionné de course à pied avec plus de 15 ans d'expérience. Ayant débuté comme coureur amateur, j'ai progressivement affiné mes compétences en m'informant sur les meilleures pratiques d'entraînement, que je partage désormais avec mes lecteurs.
Mon objectif est de rendre la course accessible à tous, en proposant des conseils pratiques, des analyses techniques, et des méthodes adaptées à tous les niveaux.
Actuellement en cours de formation pour le CQP Animateur d’athlétisme option « athlé forme santé », préparateur mental et nutritionniste sportif diplômé, j'approfondis mes compétences en entraînement et pédagogie afin de partager des méthodes et des approches efficaces et adaptées aux besoins des coureurs de tous niveaux.
Quelques faits d’armes :
- 100 km de Steenwerck : 7h44
- 80 km Ecotrail Paris (1300m D+) : 7h12
- 42 km Nord Trail Mont de Flandres (1070m D+) : 3h11
- Marathon de Nice-Cannes : 2h40
- Championnats de France de Semi-Marathon : 1h13
- 10 km de Lambersart : 34'16