Test Salomon Aero Glide 4 : La nouvelle reine du confort pour vos sorties longues sur bitume ?

Il y a quelques semaines, je me suis retrouvé au départ d’une de ces sorties dominicales que l’on redoute un peu. Les jambes étaient lourdes, le ciel parisien affichait ce gris béton typique, et la motivation oscillait entre le canapé et la culpabilité. C’est précisément dans ces moments-là que le choix de la chaussure devient primordial. J’ai enfilé les Salomon Aero Glide 4, et dès les premières foulées sur le bitume encore humide, j’ai ressenti ce que tout runner recherche dans une chaussure “Max Cushion” : une sensation de sécurité immédiate.

Salomon, longtemps roi incontesté des sentiers, s’est imposé sur l’asphalte avec une audace rafraîchissante. Avec cette quatrième itération de l’Aero Glide, la marque annécienne ne se contente pas de suivre la tendance du maximalisme ; elle cherche à la perfectionner. Est-ce que ce modèle peut détrôner les mastodontes du secteur comme la Novablast ou la Triumph ? Après plus de 200 kilomètres parcourus sur divers terrains urbains, voici mon verdict sans concession.


En résumé : Ce qu’il faut retenir de la Salomon Aero Glide 4

Pour les pressés qui veulent l’essentiel avant d’aller courir :

  • Profil : Chaussure de route à amorti maximal pour coureurs neutres.
  • Poids : 250 g (en taille 42), une prouesse pour ce niveau de confort.
  • Drop : 8 mm (41 mm au talon / 33 mm à l’avant-pied).
  • Point fort majeur : Le ratio confort/légèreté et la fluidité de la transition.
  • Usage idéal : Sorties longues, récupération, entraînements quotidiens et premier marathon.
  • Nouveauté clé : La mousse optiFOAM² plus résiliente et une tige sans coutures ultra-respirante.


Un héritage montagnard au service du bitume

Pendant des années, porter du Salomon sur route semblait presque anachronique. On associait la marque aux pierriers, à la boue et aux sommets. Pourtant, la transition opérée avec la gamme Aero est une réussite magistrale. La Salomon Aero Glide 4 n’est pas une chaussure de trail “adaptée” ; c’est une pure routière qui bénéficie de l’expertise biomecanique de la marque.

Salomon Aero Glide 4

Le design : Sobriété et technicité

Visuellement, la chaussure impose par sa hauteur de semelle (stack). On sent tout de suite que l’on va être isolé des imperfections du sol. Le coloris que j’ai testé, un dégradé de rouge et de blanc, est élégant sans être criard. Mais au-delà de l’esthétique, c’est la construction de la tige qui impressionne. On est sur un 3D Mesh technique, monocouche, conçu pour maximiser le flux d’air tout en offrant un maintien structurel là où c’est nécessaire.


L’analyse technique : Dans les entrailles de la bête

Pour comprendre pourquoi cette chaussure se comporte ainsi sur le terrain, il faut se pencher sur ses composants.

La révolution optiFOAM²

Le cœur du réacteur, c’est la semelle intermédiaire. Salomon utilise ici la technologie optiFOAM². Contrairement aux mousses EVA classiques qui ont tendance à s’affaisser après quelques centaines de kilomètres, cette mousse de nouvelle génération combine absorption des chocs et retour d’énergie.

Lors de mon test, j’ai particulièrement surveillé la “fermeté” de l’amorti. Souvent, les chaussures très amorties deviennent “pataudes” ou trop molles, ce qui fatigue les tendons sur le long terme. Ici, l’équilibre est bluffant. On ne s’enfonce pas comme dans un marshmallow ; on est accueilli par une douceur qui garde une certaine réactivité.

Salomon Aero Glide 4

La géométrie Reverse Camber

C’est la signature visuelle de Salomon : cette forme incurvée de la semelle, inspirée du cambre des skis. Cette technologie, appelée Reverse Camber, facilite la bascule vers l’avant. En pratique, cela réduit le temps de contact au sol et rend la foulée plus fluide. Sur mes séances de 20 km, j’ai senti que la chaussure m’aidait à maintenir une cadence correcte même quand la fatigue commençait à pointer le bout de son nez.

Le chaussant SensiFit

S’il y a bien une chose que Salomon maîtrise, c’est le maintien. Le système SensiFit enveloppe le pied depuis la semelle jusqu’au laçage. Sur l’Aero Glide 4, cela se traduit par une sensation de “seconde peau”. Le pied ne glisse pas à l’intérieur, même dans les virages serrés en ville. La languette, généreusement rembourrée, protège parfaitement du coup de pied contre la pression des lacets.


Test terrain : 200 km de sensations pures

Les premières foulées (0-50 km)

L’accueil immédiat (le fameux “step-in comfort”) est excellent. Pas de points de pression, pas besoin de période de rodage. Lors de ma première sortie de 10 km à allure facile (5’30/km), j’ai été surpris par la légèreté. Avec seulement 250 g sur la balance, on oublie vite que l’on porte une chaussure avec 41 mm de mousse sous le talon.

Le test de la sortie longue (20-30 km)

C’est là que l’Aero Glide 4 brille vraiment. Lors d’un run de 25 km, j’ai pu apprécier la stabilité de la plateforme. La semelle extérieure en Road Contagrip offre une base large qui rassure. Même sur les pavés parisiens ou les zones de travaux, la chaussure reste stable. À la fin de la sortie, mes articulations (genoux et chevilles) étaient nettement moins “marquées” qu’avec mes modèles habituels plus fermes.

Salomon Aero Glide 4 semelle extérieure

Le dynamisme : Peut-on accélérer ?

Ne nous trompons pas de cible : ce n’est pas une chaussure de compétition à plaque carbone. Cependant, pour des séances de seuil ou des blocs à allure marathon, elle répond présente. La mousse optiFOAM² a suffisamment de répondant pour ne pas se sentir “scotché” au bitume. Elle manque certes de l’explosivité d’une Phantasm, mais elle est loin d’être ennuyeuse.


Durabilité et Adhérence : Le Contagrip à l’épreuve

Un point qui fâche souvent sur les chaussures de route modernes est la vitesse d’usure de la semelle extérieure. Après 200 km, les signes d’usure sur ma paire sont quasi inexistants. Le caoutchouc Road Contagrip est stratégiquement placé sur les zones de frottement intense.

Un détail qui a son importance : l’adhérence sur sol mouillé. J’ai couru sous une pluie battante en bord de Seine, et je n’ai jamais eu cette sensation de “patinage” lors des relances. C’est un gage de sécurité non négligeable pour ceux qui s’entraînent par tous les temps.


À qui s’adresse la Salomon Aero Glide 4 ?

  • Le coureur lourd (plus de 85 kg) : L’amorti généreux protégera vos articulations efficacement sans que la chaussure ne s’écrase prématurément.
  • Le marathonien en herbe : C’est la chaussure parfaite pour accumuler les kilomètres de préparation sans se blesser.
  • Le coureur “plaisir” : Si votre objectif est de finir vos courses sans douleur et avec un maximum de confort, ne cherchez plus.
  • Le runner en récupération : Pour les lendemains de séances de fractionné intenses, elle apporte une douceur bienvenue.

Salomon Aero Glide 4


Tableau comparatif : Salomon Aero Glide 4 vs les modèles concurrents

CaractéristiqueSalomon Aero Glide 4ASICS Novablast 5Saucony Triumph 22
Poids (42 H)250 g255 g286 g
Drop8 mm8 mm10 mm
MousseoptiFOAM² (eTPU)FF BLAST+ ECOPWRRUN PB
Stack (Talon)41 mm41.5 mm37 mm
StabilitéExcellente (Base large)BonneTrès bonne
UsagePolyvalent / LongDynamique / QuotidienConfort / Endurance

Conclusion : Mon avis final

La Salomon Aero Glide 4 est une réussite totale. Elle réussit le tour de force de proposer un amorti “oversize” sans le poids qui va habituellement avec. Elle incarne cette nouvelle génération de chaussures de running qui ne font plus de compromis entre protection et plaisir.

Si vous cherchez une chaussure capable de vous accompagner fidèlement sur toutes vos sorties d’endurance, avec un chaussant qui frise la perfection, elle mérite amplement sa place dans votre rotation. Salomon prouve une fois de plus que son expertise ne s’arrête pas à la lisière des forêts.


FAQ (Foire Aux Questions)

Quelle est la durée de vie moyenne de l’Aero Glide 4 ?

Grâce à la résilience de la mousse optiFOAM² et à la robustesse du Contagrip, vous pouvez espérer parcourir entre 700 et 900 km selon votre poids et votre type de foulée. C’est un modèle particulièrement durable dans sa catégorie.

Taille-t-elle normalement ?

Oui, le chaussant est standard. Je vous conseille de prendre votre taille habituelle de chaussures de running (souvent une pointure au-dessus de vos chaussures de ville). Le volume à l’avant-pied (toe box) est suffisant pour laisser les orteils s’écarter naturellement pendant l’effort.

Est-elle adaptée pour le trail léger ?

Bien qu’elle soit conçue pour la route, sa semelle extérieure et son maintien permettent d’emprunter des chemins de parcs ou des sentiers de halage bien stabilisés. Cependant, elle n’est pas faite pour les terrains techniques ou boueux où elle manquera de crampons.

Quelle est la différence majeure avec l’Aero Glide 3 ?

La version 4 gagne en stabilité grâce à une tige plus structurée et perd quelques grammes. La mousse a également été affinée pour offrir un meilleur retour d’énergie, évitant l’effet “pompe” que certains ressentaient sur la version précédente.