Test de la Hoka Speedgoat 7 : La reine des sentiers techniques est-elle toujours au sommet ?
Depuis son apparition sous l’impulsion de la légende Karl “Speedgoat” Meltzer, la lignée des Speedgoat s’est imposée comme la référence absolue pour les traileurs cherchant le compromis parfait entre amorti, protection et accroche. Avec cette septième itération, Hoka promet d’avoir affiné sa formule magique pour offrir une chaussure encore plus légère et réactive, sans sacrifier ce qui a fait son succès.
En résumé : Ce qu’il faut retenir de la Speedgoat 7
Si vous n’avez que peu de temps, voici l’essentiel à savoir sur ce nouveau cru :
- Poids : Encore plus légère (environ 270g en taille 42), elle gagne en agilité.
- Amorti : Toujours généreux, mais avec une mousse CMEVA plus dynamique et moins “molle” que sur les versions précédentes.
- Accroche : La semelle Vibram® Megagrip avec ses ergots Traction Lug reste la référence absolue sur sol mouillé et technique.
- Confort : Un chaussant revu avec une languette plus ergonomique et un mesh Jacquard double couche plus respirant.
- Terrain de prédilection : Les sentiers techniques, les ultra-trails et les sorties longues en montagne.
- Public cible : Du débutant cherchant la sécurité à l’expert visant la performance sur longue distance.
Le sauvetage dans les pierriers du Beaufortain
Pour bien comprendre l’ADN de la Speedgoat 7, il faut la pousser dans ses retranchements. Je me souviens d’une sortie épique l’été dernier, au cœur du massif du Beaufortain. Le ciel avait décidé de nous tomber sur la tête alors que j’entamais une descente particulièrement technique, composée de dalles rocheuses glissantes et de racines traîtresses.

Avec mes anciennes chaussures, j’aurais probablement fini sur les fesses à chaque virage. Mais là, chaussé des Speedgoat 7, j’ai ressenti une confiance immédiate. Ce qui m’a frappé, ce n’est pas seulement l’accroche phénoménale du Vibram, mais la stabilité latérale. Dans un dévers particulièrement instable, j’ai senti la chaussure se mouler au terrain, évitant à ma cheville de tourner. C’est ce jour-là que j’ai compris que la “Goat” n’était pas qu’un nom marketing, mais une véritable assurance vie pour nos articulations.
Analyse technique : Qu’est-ce qui change vraiment ?
La tige : Un maintien sur mesure
Le mesh de la Hoka Speedgoat 7 a subi une évolution majeure. On retrouve un mesh technique Jacquard tissé de manière plus dense sur les zones stratégiques (orteils et base du pied) pour une meilleure durabilité, tandis que les zones de flexion sont plus aérées.
Le maintien du médio-pied a été renforcé par des structures internes invisibles qui verrouillent le pied sans créer de points de compression. La languette, souvent critiquée sur les versions antérieures pour sa finesse excessive, est ici dotée d’un léger rembourrage asymétrique qui protège efficacement du serrage des lacets, même après 10 heures de course.
La semelle intermédiaire : Le rebond maîtrisé
Le cœur de la chaussure réside dans sa semelle. Hoka utilise une nouvelle formulation de sa mousse CMEVA. L’objectif ? Garder l’amorti maximaliste caractéristique de la marque tout en injectant une dose de réactivité.

À l’usage, on sent que la chaussure s’écrase moins que la version 5 ou 6. Le retour d’énergie est plus présent, ce qui rend la chaussure beaucoup plus polyvalente sur les portions de plats ou les montées sèches où l’on veut “envoyer”. Le profil de semelle incurvé sous les métas (le fameux Meta-Rocker) a été légèrement ajusté pour fluidifier la transition avant, rendant la foulée plus naturelle.
La semelle extérieure : Le roi Vibram® Megagrip
On ne change pas une équipe qui gagne, on l’améliore. La semelle extérieure utilise toujours le composé Vibram® Megagrip, mais la disposition des crampons de 5 mm a été retravaillée.
Le système Traction Lug (petites micro-structures sur les crampons) augmente la surface de contact de près de 50 %. En pratique, cela se traduit par une traction incroyable dans la boue liquide et une retenue sécurisante lors des descentes abruptes sur terre battue. C’est simple : c’est l’une des meilleures semelles du marché mondial du trail.

Performances sur le terrain
Amorti et Confort
Dès les premières foulées, le confort est royal. Hoka a réussi à supprimer cette sensation de “chaussure plateforme” parfois instable. On est proche du sol tout en étant parfaitement protégé des cailloux pointus. La toe-box (boîte à orteils) est légèrement plus spacieuse que sur la Speedgoat 4, ce qui ravira ceux dont les pieds gonflent après plusieurs heures d’effort.
Stabilité et Soutien
Malgré sa hauteur de semelle conséquente (le stack), la stabilité est impressionnante. La base de la semelle est large, agissant comme un stabilisateur naturel. Sur les sentiers single-track très étroits, la chaussure reste précise. Ce n’est certes pas une chaussure de skyrunning ultra-minimaliste, mais pour une chaussure de ce volume, l’agilité est bluffante.
Dynamisme
C’est là que la Speedgoat 7 surprend le plus. Souvent cantonnée au rôle de “tracteur” pour ultra, elle se révèle ici capable de changements de rythme. La réduction du poids total permet de moins subir le poids de la chaussure en fin de séance, lorsque la fatigue s’installe.
Comparatif : Speedgoat 7 vs Le reste du monde
| Caractéristique | Hoka Speedgoat 7 | Saucony Peregrine | Salomon Speedcross |
| Amorti | Maximaliste / Dynamique | Ferme / Réactif | Équilibré |
| Poids | ~270g | ~260g | ~300g |
| Drop | 4 mm | 4 mm | 10 mm |
| Accroche | Exceptionnelle (Vibram) | Excellente | Légendaire (Boue) |
| Usage | Polyvalent / Ultra | Courte / Moyenne distance | Terrains gras / Technique |
À qui s’adresse cette chaussure ?
La Hoka Speedgoat 7 est une chaussure d’une polyvalence rare. Elle conviendra :
- Aux coureurs d’Ultra-Trail : C’est son domaine de prédilection. Que ce soit pour un 80 km ou un 160 km, elle offre la protection nécessaire pour épargner vos fibres musculaires.
- Aux débutants : Grâce à son amorti rassurant et sa stabilité, elle pardonne les erreurs de placement de pied.
- Aux randonneurs rapides (Fast-hiking) : Son confort et son accroche en font une excellente alternative aux bottes de randonnée traditionnelles, beaucoup plus lourdes.
Durabilité : Le point critique
Hoka a souvent été pointé du doigt pour l’usure prématurée de ses semelles intermédiaires. Sur cette septième version, la densité de la mousse semble mieux résister à l’affaissement. Après 300 km de test, l’amorti n’a pas montré de signes de faiblesse majeurs et le mesh, grâce à ses renforts en TPU, ne présente aucune déchirure au niveau des zones de pliure. La semelle Vibram reste fidèle à sa réputation : elle s’use lentement, même sur les passages bitumés (bien qu’il faille les éviter pour prolonger sa vie).
Conclusion : Un investissement rentable pour vos pieds
La Hoka Speedgoat 7 ne révolutionne pas le genre, elle le sublime. En affinant le poids, en dynamisant la mousse et en conservant une accroche sans faille, Hoka confirme sa domination sur le segment du trail polyvalent.
Elle n’est pas la chaussure la plus rapide pour un kilomètre vertical, ni la plus légère pour un trail court de 10 km, mais elle est probablement la meilleure chaussure tout-terrain actuellement disponible. Si vous ne devez posséder qu’une seule paire pour affronter tous les types de sentiers, c’est celle-ci.
FAQ – Tout savoir sur la Hoka Speedgoat 7
Quel est le drop de la Hoka Speedgoat 7 ?
Le drop reste fidèle aux standards de la marque avec 4 mm. Cela favorise une pose de pied plus naturelle vers le milieu/avant-pied, tout en restant accessible aux coureurs attaquant par le talon grâce à l’épaisseur de l’amorti arrière.
La Speedgoat 7 taille-t-elle normalement ?
Oui, elle respecte la grille de tailles habituelle de Hoka. Cependant, si vous avez le pied particulièrement large, il est conseillé de vérifier si la version “Wide” est disponible, car le chaussant standard reste assez ajusté pour garantir un bon maintien technique.
Est-elle adaptée aux terrains boueux ?
Absolument. Avec ses crampons de 5 mm et la technologie Traction Lug, elle excelle dans la boue. Bien qu’une chaussure spécifique type “softground” puisse faire mieux dans de la boue très profonde, la Speedgoat 7 est l’une des plus performantes parmi les chaussures polyvalentes.
Peut-on courir sur route avec la Speedgoat 7 ?
C’est possible pour de courtes liaisons (1 à 3 km) entre deux sentiers. Cependant, le composé Vibram Megagrip est tendre : une utilisation prolongée sur le goudron accélérera l’usure des crampons et vous fera perdre les bénéfices de l’accroche en tout-terrain.
Quelle est la différence majeure avec la Speedgoat 6 ?
La différence principale réside dans le poids (plus légère) et le dynamisme de la mousse. La Speedgoat 7 est moins “pataude” et offre un meilleur retour d’énergie, tout en ayant un mesh plus respirant et résistant.
Qui est Nicolas ?
Je suis un passionné de course à pied avec plus de 15 ans d'expérience. Ayant débuté comme coureur amateur, j'ai progressivement affiné mes compétences en m'informant sur les meilleures pratiques d'entraînement, que je partage désormais avec mes lecteurs.
Mon objectif est de rendre la course accessible à tous, en proposant des conseils pratiques, des analyses techniques, et des méthodes adaptées à tous les niveaux.
Actuellement en cours de formation pour le CQP Animateur d’athlétisme option « athlé forme santé », préparateur mental et nutritionniste sportif diplômé, j'approfondis mes compétences en entraînement et pédagogie afin de partager des méthodes et des approches efficaces et adaptées aux besoins des coureurs de tous niveaux.
Quelques faits d’armes :
- 100 km de Steenwerck : 7h44
- 80 km Ecotrail Paris (1300m D+) : 7h12
- 42 km Nord Trail Mont de Flandres (1070m D+) : 3h11
- Marathon de Nice-Cannes : 2h40
- Championnats de France de Semi-Marathon : 1h13
- 10 km de Lambersart : 34'16