Test Nike Pegasus Plus 2 : Est-elle mieux que la version précédente ?

Il y a des chaussures qui arrivent sur le marché sans faire de bruit, et il y a celles qui ravivent immédiatement un souvenir précis chez tous les coureurs un peu expérimentés. La Nike Pegasus Plus 2 appartient clairement à la deuxième catégorie. Dès les premières photos officielles, la comparaison avec l’ancienne Pegasus Turbo – cette paire culte que Nike avait fini par arrêter de produire tant elle avait de fans – a fusé sur tous les forums de running. Une mousse ZoomX sur toute la longueur, une unité Air Zoom désormais visible à l’avant-pied, et la promesse d’une chaussure capable de tout faire, du footing tranquille au jour de course.

Après avoir enfilé cette paire pour plusieurs types de séances – footing, fractionné, seuil, sortie longue – nous avons voulu prendre le temps de vraiment comprendre ce que cette deuxième génération apporte par rapport à la première, souvent jugée décevante, et si elle mérite sa place dans une rotation de chaussures de running. Voici notre retour complet, sans filtre marketing.

En résumé

  • La Nike Pegasus Plus 2 est une chaussure tempo polyvalente, positionnée entre l’entraînement quotidien et la course, sans plaque carbone.
  • Elle embarque une mousse ZoomX pleine longueur associée à une unité Air Zoom incurvée et visible à l’avant-pied, une première pour ce modèle.
  • Le drop est de 10 mm, avec un stack height d’environ 38 mm au talon, soit 4 mm de plus que la première Pegasus Plus.
  • Le chaussant a été revu en profondeur : avant-pied plus large, meilleur maintien au médio-pied, corrigeant le principal défaut de la version précédente.
  • Elle est vendue 170 €, soit 20 € de moins que sa devancière, ce qui est suffisamment rare dans l’industrie pour être souligné.
  • Elle brille sur les allures soutenues (fractionné, seuil, tempo) mais reste moins adaptée aux foulées avant-pied ou médio-pied à cause de la hauteur de talon.

Fiche technique de la Nike Pegasus Plus 2

Avant d’entrer dans le ressenti terrain, voici les données objectives qui permettent de situer la paire dans la gamme Nike et sur le marché :

  • Type : chaussure tempo / entraînement rapide, sans plaque
  • Semelle intermédiaire : mousse ZoomX pleine longueur
  • Propulsion : unité Air Zoom incurvée et exposée à l’avant-pied
  • Drop : 10 mm
  • Stack height : environ 38 mm au talon / 28 mm à l’avant-pied
  • Poids : environ 258 g en homme (9,1 oz), 218 g en femme (7,7 oz)
  • Semelle d’usure : gomme Waffle actualisée, motif diagonal à arêtes marquées
  • Tige : mesh respirant avec bande de maintien au médio-pied
  • Prix : 170 €

Nike Pegasus Plus 2 vue de côté

Cette chaussure s’inscrit dans la famille Pegasus de Nike, l’une des trois grandes familles de running sur route de la marque aux côtés de Vomero (amorti maximal) et Structure (amorti avec soutien). À l’intérieur même de la gamme Pegasus, on trouve un système à trois niveaux : la Pegasus classique, la Pegasus Plus, et la Pegasus Premium, chaque échelon ajoutant de la technologie et des sensations plus marquées.

Design et construction : ce qui change vraiment

Le premier changement saute aux yeux avant même de chausser la paire : l’unité Air Zoom, jusque-là invisible sur la première Pegasus Plus, est désormais exposée et incurvée sous l’avant-pied, un peu à la manière de ce qu’on retrouve sur des modèles de compétition comme l’Alphafly. Ce choix esthétique n’est pas qu’un argument marketing : il traduit une volonté claire de Nike de donner à cette chaussure une identité de course rapide plus affirmée que sa devancière.

La tige a elle aussi été largement retravaillée. Nike a opté pour un mesh plus fin et plus épuré, qui laisse apparaître la bande de maintien au médio-pied : un choix qui sert autant l’esthétique que la fonction, puisque cette bande contribue directement au chaussant sécurisé. La boîte à orteils a été élargie, un point que plusieurs testeuses ont particulièrement souligné, la première version souffrant d’un ajustement jugé trop lâche au médio-pied, entraînant parfois une gêne, voire des sensations de brûlure après un footing un peu long.

Sous le pied, la semelle d’usure Waffle a également été revue : le motif diagonal aux arêtes plus marquées améliore l’adhérence zonale et le contact au sol, notamment utile lors des changements de rythme ou dans les virages en séance de fractionné sur piste.

Nos sensations sur le terrain

Au footing et à l’endurance fondamentale

Sur une allure tranquille, la première impression est celle d’une chaussure étonnamment connectée au sol pour un modèle doté d’autant de mousse. On sent l’avant-pied travailler, avec une vraie flexibilité qui manquait cruellement aux anciennes générations de Pegasus, plus rigides. La mousse ZoomX absorbe bien les premiers appuis sans donner cette sensation flottante et instable qu’on peut retrouver sur certains modèles ultra-amortis.

En fractionné et au seuil

C’est clairement le terrain de jeu où la Pegasus Plus 2 s’exprime le mieux. L’unité Air Zoom incurvée apporte un vrai “pop” à chaque relance, sans pour autant donner l’impression de courir sur une chaussure de compétition à plaque carbone : la sensation reste naturelle, plus proche d’une transition fluide que d’une propulsion brutale. Sur des 400 m ou des séances au seuil, la chaussure encourage littéralement à accélérer, un comportement qui rappelle furieusement les retours qu’on pouvait lire à l’époque sur la Tempo Next%.

Nike Pegasus Plus 2 dans leur boite

Sur les sorties longues à allure marathon

Sur ce terrain, l’avis est plus nuancé. Le drop de 10 mm et la hauteur au talon conviennent parfaitement aux coureurs qui attaquent le sol par le talon, offrant un amorti généreux et rassurant sur la durée. En revanche, les coureurs qui posent plutôt sur le médio-pied ou l’avant-pied risquent de trouver le talon un peu haut et pourront préférer se tourner vers un modèle au drop plus faible.

Confort, chaussant et maintien du pied

Le chaussant est sans doute le point sur lequel Nike a le plus progressé entre les deux générations. La première Pegasus Plus souffrait d’un ajustement flou au médio-pied, qui laissait le pied glisser légèrement à l’intérieur de la chaussure lors des accélérations, avec pour conséquence des sensations désagréables sur la durée. Cette deuxième mouture corrige ce défaut avec une boîte à orteils élargie couplée à un maintien plus ferme au médio-pied, grâce à une languette gousset et une bande de serrage bien pensée.

Le col de cheville, généreusement rembourré, contribue également à un sentiment de sécurité, en particulier lors des phases d’accélération où le pied a tendance à vouloir bouger dans la chaussure. Globalement, la paire chausse fidèlement à sa taille habituelle, avec un volume moyen à moyen-haut qui devrait convenir à la majorité des morphologies de pied.

Les points forts de la Pegasus Plus 2

  • Un rendu dynamique et réactif grâce à l’unité Air Zoom exposée, rare à ce niveau de gamme
  • Une mousse ZoomX pleine longueur qui offre un amorti premium habituellement réservé aux modèles plus chers
  • Un chaussant nettement amélioré, avant-pied plus large et meilleur maintien au médio-pied
  • Une vraie polyvalence : elle passe du footing au fractionné sans faux pas
  • Un prix revu à la baisse par rapport à la première génération, ce qui est suffisamment inhabituel pour être noté
  • Une semelle d’usure Waffle retravaillée qui améliore l’accroche dans les phases dynamiques

Nike Pegasus Plus 2 dans la boite vue de côté

Les points faibles à connaître

  • Le talon reste haut pour les foulées médio-pied ou avant-pied, ce qui peut générer une sensation d’instabilité pour ce profil de coureurs
  • Elle est plus lourde que certains modèles concurrents positionnés sur le même segment tempo
  • L’absence de plaque peut décevoir les coureurs qui cherchaient une vraie alternative légère aux chaussures de compétition
  • Le prix, bien qu’en baisse, reste celui d’une chaussure premium, hors de portée d’un budget d’entrée de gamme

Pour quel profil de coureur est faite cette chaussure ?

La Nike Pegasus Plus 2 s’adresse en priorité à deux profils bien identifiés. D’un côté, les coureurs réguliers qui souhaitent simplifier leur rotation de chaussures en n’ayant qu’une ou deux paires capables de tout faire : elle peut aussi bien servir de chaussure du quotidien que de paire de tempo, voire de paire de course sur des distances courtes à moyennes pour les profils moins exigeants en termes de plaque carbone.

De l’autre, les coureurs confirmés en quête de sensations plus vives lors de leurs séances qualitatives – fractionné, seuil, allure marathon – sans pour autant vouloir sacrifier le confort nécessaire à l’entraînement quotidien. Les anciens adeptes de la Pegasus Turbo ou de la Tempo Next%, deux références aujourd’hui disparues du catalogue Nike, devraient particulièrement s’y retrouver.

À l’inverse, les coureurs à la foulée très avant-pied, ou ceux qui recherchent avant tout la légèreté extrême, pourront se sentir plus à l’aise sur d’autres modèles du marché.

Comparatif : Nike Pegasus Plus 2 face à la concurrence

Difficile de juger une paire sans la replacer face à ses concurrentes directes, qu’elles soient signées Nike ou non :

  • Nike Vomero Plus : construite sur la même famille de mousse ZoomX, elle propose un amorti plus généreux et plus moelleux, pensée pour le confort avant la vitesse. À privilégier si vous cherchez plus de matière sous le pied.
  • Nike Pegasus 42 : version d’entrée de gamme de la franchise, sans Air Zoom exposé, plus abordable et considérée comme la plus durable de la famille pour un usage quotidien intensif.
  • ASICS Novablast 6 : plateforme plus haute et plus rebondissante, avec un drop plus faible, pour les coureurs qui aiment sentir davantage de “rebond” sous le pied.
  • adidas Adizero Evo SL : principal rival sur le segment des chaussures polyvalentes “boostées”, avec un positionnement tarifaire proche et une philosophie similaire de chaussure rapide sans plaque.

Nike Pegasus Plus 2 vue de face

Sur ce segment très concurrentiel des chaussures tempo sans plaque, la Pegasus Plus 2 se distingue surtout par sa légèreté relative au sein de son propre groupe de comparaison et par sa capacité à bien encaisser les changements de rythme en cours de séance, un point souvent cité comme son principal atout différenciant.

Durabilité et entretien

La mousse ZoomX, bien que réputée pour son excellent retour d’énergie, a la particularité d’être plus fragile qu’une mousse EVA classique dans le temps, notamment en usage intensif ou sur des kilométrages très élevés. La semelle d’usure Waffle actualisée, avec ses arêtes plus marquées, devrait néanmoins apporter une meilleure résistance à l’abrasion que sur certains modèles concurrents équipés de mousses similaires mais dépourvus de zones de gomme renforcées. Comme pour toute chaussure combinant amorti premium et légèreté, il est recommandé de la réserver aux séances où sa réactivité fait vraiment la différence, plutôt qu’à un usage quotidien exclusif sur de très gros volumes.

Prix et rapport qualité-prix

À 170 €, la Pegasus Plus 2 se positionne clairement dans le haut du panier des chaussures d’entraînement, tout en restant en dessous des références absolues du marché que sont les chaussures à plaque carbone, généralement affichées au-delà des 250 €. Le fait que Nike ait choisi de baisser le prix de 20 € par rapport à la première génération, alors même que la technologie embarquée est plus avancée, est suffisamment rare dans l’industrie du running pour être souligné comme un signal positif envers les consommateurs. Le rapport qualité-prix se justifie surtout si vous comptez réellement exploiter le potentiel de la chaussure sur des séances qualitatives, plutôt que de l’utiliser uniquement en footing tranquille, un terrain sur lequel des modèles nettement moins chers font tout aussi bien le travail.

Conclusion

La Nike Pegasus Plus 2 réussit son pari : corriger les défauts de chaussant qui plombaient la première version, tout en affirmant une identité beaucoup plus marquée grâce à son unité Air Zoom désormais visible. Elle ne cherche pas à concurrencer les chaussures de compétition à plaque carbone, et c’est justement là toute sa force : proposer une polyvalence rare, capable d’accompagner un coureur du footing tranquille jusqu’aux séances les plus exigeantes, sans jamais dénaturer les sensations naturelles de course. Pour les coureurs à foulée talon ou médio-pied qui cherchent à simplifier leur rotation de chaussures sans sacrifier la performance, elle mérite clairement sa place dans la short-list. Les puristes de la foulée avant-pied, eux, pourront légitimement regarder ailleurs.

FAQ

La Nike Pegasus Plus 2 convient-elle aux débutants ?

Oui, dans une certaine mesure. Sa polyvalence en fait une chaussure capable d’accompagner un coureur débutant sur son footing hebdomadaire, tout en laissant de la marge pour progresser vers des séances plus rapides sans changer de paire. Elle reste cependant positionnée sur un segment tarifaire premium, ce qui peut la rendre moins pertinente pour un tout premier achat où le budget est la priorité.

Quelle est la différence entre la Pegasus Plus 2 et la Pegasus 42 ?

La Pegasus 42 est la version d’entrée de gamme de la franchise, sans unité Air Zoom exposée et avec une mousse intermédiaire plus classique. Elle est plus abordable et généralement considérée comme plus durable sur le long terme. La Pegasus Plus 2, elle, mise sur la mousse ZoomX pleine longueur et l’unité Air Zoom visible pour offrir des sensations plus dynamiques, au prix d’un tarif plus élevé.

La Pegasus Plus 2 peut-elle servir de chaussure de compétition ?

Elle peut dépanner sur des distances courtes à moyennes pour des coureurs qui ne recherchent pas l’effet plaque carbone des chaussures de compétition dédiées. En revanche, sur marathon, les puristes de la performance chronométrique se tourneront plutôt vers une véritable chaussure de course dotée d’une plaque, plus efficace sur la distance.

Quel est le drop de la Nike Pegasus Plus 2 ?

Le drop est de 10 mm, avec un stack height d’environ 38 mm au talon et 28 mm à l’avant-pied. Cette hauteur relativement importante convient particulièrement bien aux foulées qui attaquent le sol par le talon.

La Pegasus Plus 2 taille-t-elle grand ou petit ?

D’après les retours recueillis, la chaussure taille fidèlement à la pointure habituelle. L’avant-pied est plus large que sur la première version, ce qui peut nécessiter un ajustement pour les coureurs ayant un pied particulièrement étroit.

Combien de kilomètres dure une paire de Pegasus Plus 2 ?

Aucun chiffre officiel précis n’est communiqué par Nike, mais la présence de mousse ZoomX, plus tendre qu’une mousse EVA classique, invite à surveiller l’usure un peu plus attentivement que sur un modèle d’entraînement basique, en particulier si la chaussure est utilisée quotidiennement sur de gros volumes.