Il y a quelques années encore, si vous m’aviez dit que je prendrais le départ d’un marathon avec des Puma aux pieds, je vous aurais probablement regardé avec un sourcil levé, un brin sceptique. Pour moi, Puma, c’était Usain Bolt et le sprint. Le long ? C’était le jardin gardé des géants américains ou japonais. Et pourtant, le vent a tourné.
Après avoir usé la version 2 et adoré la 3, j’ai eu la chance de glisser mes pieds dans la toute nouvelle Puma Deviate Nitro Elite 4. Ce n’est pas juste une mise à jour mineure ; c’est une déclaration d’intention. Voici mon analyse complète, sans langue de bois, après un bloc d’entraînement intensif.
En résumé : Ce qu’il faut retenir de la Puma Deviate Nitro Elite 4
Pour les plus pressés d’entre vous, voici le condensé de mon expérience avec ce monstre de performance :
- Poids : Une légèreté impressionnante (environ 190g en taille 42), se faisant totalement oublier.
- Amorti : La mousse Nitro Elite (nouvelle formulation) offre un rebond plus sec et plus direct que la version précédente.
- Propulsion : La plaque PWRPLATE en carbone est plus agressive, favorisant une bascule vers l’avant (rocker) très marquée.
- Stabilité : Étonnamment stable pour une chaussure à plaque carbone, grâce à une base légèrement élargie au médio-pied.
- Points forts : Grip exceptionnel (PUMAGRIP), polyvalence du 5 km au marathon, respirabilité du mesh.
- Points faibles : La rigidité peut surprendre lors des premières sorties ; le chaussant est très ajusté (attention aux pieds larges).
Mon anecdote : Le jour où Puma a changé ma vision du marathon
Je me souviens de mon premier marathon en 2018. À l’époque, la règle était simple : plus la chaussure était fine, plus elle était rapide. On finissait les 42,195 km avec les métatarses en compote et les mollets transformés en béton armé.
Quand j’ai chaussé la lignée Deviate Nitro Elite pour la première fois, j’ai ressenti ce que les ingénieurs appellent l’économie de course. Mais avec cette version 4, j’ai vécu une expérience différente lors d’une séance de 3 x 5000m à allure spécifique marathon. Habituellement, sur la dernière répétition, la foulée s’écrase. Ici, la mousse azotée semble rendre l’énergie au moment précis où vos muscles commencent à lâcher. C’est ce “kick” final qui sépare, à mon sens, une bonne chaussure de course d’une machine de guerre pour records personnels.

Analyse technique : Qu’est-ce qui se cache sous le capot ?
La mousse Nitro Elite : L’azote au service du rebond
Le cœur de la Puma Deviate Nitro Elite 4, c’est sa semelle intermédiaire. Puma utilise un processus d’injection d’azote dans du PEBA (polyéther bloc amide) de haute qualité.

Contrairement à l’EVA classique qui s’affaisse après quelques kilomètres, le Nitro Elite possède des propriétés de résilience hors normes. Sur ce modèle 4, la densité a été subtilement retravaillée. On ne s’enfonce pas dans un nuage mou ; on rebondit sur un trampoline ferme. Ce dosage est crucial : trop mou, on perd en stabilité ; trop dur, on se fatigue prématurément. Ici, l’équilibre est chirurgical.
La plaque PWRPLATE : La colonne vertébrale en carbone
Si la mousse est le moteur, la PWRPLATE est le châssis. Cette plaque en carbone pur n’est pas plate. Elle adopte une forme de cuillère qui suit l’anatomie du pied.
Son rôle est double :
- Rigidifier la chaussure pour limiter la perte d’énergie lors de la flexion des orteils.
- Servir de levier pour propulser le coureur vers l’avant à chaque foulée.
Lors de mes tests sur piste, j’ai senti que la chaussure “demandait” de la vitesse. À 12 km/h, elle est agréable. À 18 km/h, elle devient phénoménale.
Le PUMAGRIP : Le roi incontesté de l’adhérence
S’il y a un point où Puma écrase la concurrence (souvent critiquée pour ses semelles glissantes sur bitume mouillé), c’est le PUMAGRIP.
J’ai testé la paire sur une route détrempée en Bretagne, avec des virages serrés. Là où d’autres “super shoes” auraient patiné, la Deviate Nitro Elite 4 accroche le bitume comme si elle avait des griffes. Pour un coureur, cette confiance dans ses appuis permet de gagner de précieuses secondes en ne ralentissant pas dans les courbes.

Sensations en course : Le test terrain
Le premier essayage : Une seconde peau
En enfilant la chaussure, on remarque immédiatement le mesh monofilament. Il est si fin qu’on peut voir la couleur de ses chaussettes au travers. Le maintien du talon a été amélioré avec de petits coussinets internes qui verrouillent le pied sans créer de points de pression sur le tendon d’Achille.
Sur les allures faciles (EF)
Soyons honnêtes : la Deviate Nitro Elite 4 n’est pas faite pour le footing de récupération à 6:00/km. À cette allure, on ressent la rigidité de la plaque et la chaussure peut paraître un peu “sèche”. Elle n’est pas instable, mais elle s’ennuie.
Séance de fractionné et Tempo Run
C’est ici que la magie opère. Dès que l’on passe sous les 4:00/km, la chaussure se transforme. La transition talon-orteils (le transitioning) est d’une fluidité exemplaire. Le drop (la différence de hauteur entre le talon et l’avant-pied) semble idéalement placé pour favoriser une attaque médio-pied, même quand la fatigue arrive.
La distance marathon
J’ai poussé le test sur une sortie longue de 32 km incluant des blocs d’allure marathon. Le constat est sans appel : la protection musculaire est au rendez-vous. En fin de séance, mes jambes étaient nettement moins “marquées” qu’avec une chaussure d’entraînement classique. C’est là tout l’intérêt de la mousse PEBA : elle absorbe les chocs pour que vos fibres musculaires n’aient pas à le faire.
Tableau comparatif : Les reines du chrono
Pour vous aider à y voir plus clair, j’ai passé au crible la Puma Deviate Nitro Elite 4 face aux trois autres “monstres” qui dominent actuellement le bitume. Voici comment elles se comparent réellement quand on arrête de lire les brochures marketing et qu’on commence à transpirer.
| Modèle | Poids (taille 42) | Drop | Caractère dominant | Distance de prédilection |
| Puma Deviate Nitro Elite 4 | ~184g | 8 mm | Polyvalente & Grip d’acier | Du 5 km au marathon |
| Nike Vaporfly 4 | ~183g | 8 mm | Nervosité & Effet ressort | 5 km au semi-marathon |
| Adidas Adios Pro 4 | ~200g | 6 mm | Bascule (Rocker) agressive | Semi au marathon |
| Asics Metaspeed Sky Paris | ~183g | 5 mm | Légèreté extrême & Rebond | 10 km au marathon |

Le duel des philosophies : Pourquoi choisir la Puma ?
Si l’on regarde ce tableau, on s’aperçoit que la course à l’armement s’est stabilisée autour des 180-190 grammes. La différence ne se fait donc plus sur la balance, mais sur le comportement dynamique.
1. Puma vs Nike (Le combat pour le trône)
La Nike Vaporfly 4 reste la référence absolue en termes de sensation de “rebond pur”. C’est une chaussure qui vous propulse littéralement vers le haut et l’avant. Cependant, elle peut s’avérer instable si vous avez une cheville un peu fragile. La Puma Deviate Nitro Elite 4 propose une base un peu plus large au médio-pied, ce qui la rend beaucoup plus rassurante sur les parcours techniques ou les relances en ville.
2. Puma vs Adidas (L’art de la bascule)
L’Adidas Adios Pro 4 est célèbre pour ses tiges de carbone (EnergyRods) qui offrent une sensation de bascule très fluide. C’est une chaussure de “train” qui excelle quand on a trouvé son rythme de croisière. La Puma, de son côté, est plus joueuse. Elle répond instantanément aux changements d’allure, ce qui en fait une meilleure alliée pour ceux qui aiment “visser” sur les derniers kilomètres.
3. Le facteur X : L’adhérence
C’est le point sur lequel je ne transige pas. Si vous avez déjà essayé de prendre un virage à 18 km/h sur un bitume mouillé avec une paire de Vaporfly, vous connaissez cette petite pointe d’angoisse. Le PUMAGRIP de la Nitro Elite 4 est, de loin, le meilleur du marché. Pour moi, c’est un argument de sécurité et de performance majeur : on ne perd pas d’énergie à stabiliser sa foulée sur sol fuyant.
Verdict : Quelle chaussure pour quel coureur ?
- Choisissez la Puma Deviate Nitro Elite 4 si : Vous cherchez une chaussure unique capable de tout faire (du 5 km au marathon) avec une stabilité supérieure et un grip infaillible. C’est le choix de la raison et de la performance.
- Choisissez la Nike Vaporfly si : Votre foulée est très aérienne et que vous cherchez l’effet “ressort” le plus spectaculaire, quitte à sacrifier un peu de durabilité.
- Choisissez l’Adidas Adios Pro si : Vous êtes un marathonien pur jus qui cherche une transition très fluide et que vous avez une attaque pied plutôt portée sur l’avant.
Durabilité : Est-ce un bon investissement ?
L’un des grands reproches faits aux chaussures de compétition est leur durée de vie éphémère (souvent 250-300 km).
Puma a fait un effort notable ici. Après 150 km de test, la semelle extérieure PUMAGRIP ne montre quasiment aucun signe d’usure. La mousse Nitro Elite n’a pas perdu son rebond initial. Je pense qu’on peut facilement emmener cette paire jusqu’à 600 km, ce qui en fait l’une des “super shoes” les plus rentables du marché.

À qui s’adresse cette chaussure ?
Elle n’est pas à mettre entre toutes les mains (ou plutôt tous les pieds). Je la recommanderais à :
- Le compétiteur acharné : Celui qui vise un RP (Record Personnel) sur 10 km, semi ou marathon.
- Le coureur léger à moyen : Bien que l’amorti soit généreux, les coureurs de plus de 85 kg pourraient trouver la mousse un peu trop sollicitée sur la distance marathon.
- Ceux qui ont un pied fin à standard : Le chaussant “Racing” est proche du pied. Si vous avez les pieds larges, essayez-les impérativement avec vos chaussettes de course habituelles avant l’achat.
Conclusion : Mon verdict final
La Puma Deviate Nitro Elite 4 est une réussite totale. Elle confirme que la marque au félin ne se contente plus de suivre, elle mène désormais la danse dans le secteur du running haute performance.
Elle allie une technologie de pointe (mousse azotée + plaque carbone) à une réalité de terrain indispensable : la fiabilité. Courir vite, c’est bien. Courir vite avec la certitude que sa chaussure ne vous fera pas défaut, même sous la pluie ou après 3 heures d’effort, c’est mieux. C’est une chaussure qui donne confiance, et en course à pied, le mental fait souvent la différence.
Si vous cherchez votre prochaine paire pour battre votre record, la Deviate Nitro Elite 4 doit figurer tout en haut de votre liste.
FAQ
Est-ce que la Puma Deviate Nitro Elite 4 convient aux débutants ?
Pas vraiment. C’est une chaussure très typée performance. Pour un débutant, la rigidité de la plaque carbone peut solliciter excessivement les mollets et les aponevroses plantaires si les muscles ne sont pas habitués. Il vaut mieux commencer par la Puma Deviate Nitro (modèle non-Elite), plus polyvalente et accessible.
Quelle est la différence entre la Deviate Nitro 3 et la Deviate Nitro Elite 4 ?
La version Elite utilise une mousse 100% PEBA (Nitro Elite), alors que la version classique utilise un mélange. La Elite est beaucoup plus légère, plus réactive, mais aussi un peu moins stable et moins durable que sa petite sœur destinée à l’entraînement quotidien.
Faut-il prendre une pointure au-dessus ?
Puma taille assez normalement (True to size). Cependant, comme pour toute chaussure de marathon, il est conseillé de garder un petit espace (environ un demi-pouce) devant les orteils pour compenser le gonflement du pied durant l’effort. Si vous êtes entre deux tailles, choisissez la plus grande.
Peut-on l’utiliser sur piste d’athlétisme ?
Oui, absolument. Sa légèreté et son dynamisme en font une excellente alliée pour les séances de VMA ou les intervalles longs sur piste. Le grip du PUMAGRIP est d’ailleurs excellent sur le tartan, même humide.
La chaussure est-elle adaptée pour un premier marathon ?
Si votre objectif est simplement de finir et que vous courez à une allure supérieure à 5:30/km, vous ne profiterez pas pleinement des avantages de la plaque carbone. Si vous avez un objectif chronométré et une préparation sérieuse, c’est un excellent choix.
