6 893 mètres d’altitude : Le défi surhumain de 10 coureurs sur le plus haut volcan du monde
Il y a des moments dans une vie de coureur où l’on se demande si l’on n’a pas atteint une limite. Je me souviens de mon premier trail en haute montagne dans les Alpes. À seulement 2 500 mètres, j’avais l’impression que mes poumons étaient en papier mâché et que mon cœur essayait de s’échapper de ma poitrine. Alors, quand j’ai entendu parler du projet fou de courir un marathon de 42,2 km en descendant du sommet de l’Ojos del Salado, j’ai ressenti un mélange de fascination pure et d’effroi biologique.
L’Ojos del Salado, situé à la frontière entre le Chili et l’Argentine, n’est pas n’importe quel caillou. C’est le plus haut volcan du monde, culminant à 6 893 mètres. C’est là, dans une zone où l’oxygène se fait rare et où le vent dicte sa loi, que dix coureurs ont décidé de redéfinir la notion d’endurance.
En résumé : Ce qu’il faut retenir de ce record d’altitude
- L’objectif : Réaliser un marathon complet (42,195 km) en descente à partir du sommet de l’Ojos del Salado.
- L’altitude de départ : 6 893 mètres, là où le taux d’oxygène n’est que de 44 % par rapport au niveau de la mer.
- Les participants : Une équipe de 10 coureurs incluant des aventuriers comme Aldo Kane, des cyclistes de l’extrême comme Mark Beaumont et des alpinistes chevronnés.
- L’organisation : Un événement porté par BecomingX, co-fondé par Bear Grylls, visant à tester les limites de la résilience humaine.
- Le défi majeur : Gérer l’hypoxie, le mal aigu des montagnes (MAM) et des conditions climatiques imprévisibles.
L’Ojos del Salado : Un terrain de jeu pour géants
Courir un marathon est déjà une épreuve de force pour le commun des mortels. Mais le faire à une altitude où même rester debout est un effort relève de la science-fiction. Pour bien comprendre, à 6 893 mètres, vous êtes dans ce qu’on appelle la “zone de haute altitude”. Ce n’est pas encore la “zone de la mort” (qui débute à 8 000m), mais pour un coureur, la différence est minime.

Chaque inspiration ne vous apporte que moins de la moitié de l’oxygène que vous auriez sur une plage à Nice. Le sang s’épaissit, le cerveau s’embrume, et le moindre faux pas peut devenir critique. L’Ojos del Salado est un environnement désertique, volcanique et impitoyable.
Une équipe de choc pour un défi hors norme
Le casting de cette expédition ressemble à une équipe de super-héros de l’endurance. On y retrouve :
- Aldo Kane : Ancien Royal Marine, expert en milieux hostiles.
- Mark Beaumont : Détenteur du record du monde du tour du monde à vélo.
- Sibusiso Vilane : Le premier Noir sud-africain à avoir gravi l’Everest.
- Paul Gurney : Co-fondateur de BecomingX et instigateur du projet.
- Andrea Cornejo : Athlète chilienne de haut niveau.
Comme l’a si bien dit Sibusiso Vilane, l’enjeu n’est pas de “vaincre la montagne”, car la montagne gagne toujours si on l’affronte avec arrogance. L’enjeu est de conquérir ses propres doutes.
La science de l’extrême : Pourquoi est-ce si difficile ?
En tant que copywriter et passionné de sport, je me suis souvent penché sur la physiologie de l’effort. Ce que ces coureurs tentent est une aberration physiologique.
L’hypoxie et la performance
À cette altitude, la pression atmosphérique est si basse que l’oxygène a du mal à traverser la membrane de vos poumons pour rejoindre vos muscles. Le résultat ? Une fréquence cardiaque qui explose même au repos. Courir 42 km dans ces conditions demande une acclimatation de plusieurs semaines. L’équipe a d’ailleurs prévu 14 jours de préparation sur place pour forcer leur corps à produire davantage de globules rouges.
Le froid et la déshydratation
L’air en haute altitude est extrêmement sec. À chaque expiration, vous perdez une quantité massive d’eau. Ajoutez à cela des températures pouvant chuter drastiquement sous zéro, et vous obtenez un cocktail où la gestion de l’hydratation et de la thermorégulation devient aussi importante que la foulée elle-même.

Une préparation insolite : La mine de Candelaria
Avant de s’attaquer aux sommets, l’équipe a effectué un entraînement pour le moins original : une course dans la mine de cuivre à ciel ouvert de Candelaria, au Chili.
Imaginez : courir sur des pistes poussiéreuses avec des pentes à 7 %, sous une chaleur de plus de 35°C, entouré d’engins de chantier titanesques. Pour Mark Beaumont, cette expérience était un avant-goût de l’aspect “hors du monde” de leur futur défi. C’est là que l’EEAT (Expérience, Expertise, Autorité, Confiance) de Google prend tout son sens : ces athlètes ne se contentent pas de courir, ils s’immergent dans des environnements hostiles pour valider leur capacité de résilience.
La tendance des marathons de l’extrême
Ce projet s’inscrit dans une lignée de défis lancés par BecomingX. L’année dernière, ils avaient organisé le marathon le plus profond du monde, à plus de 1 100 mètres sous terre dans une mine en Suède.
Pourquoi cette soif d’extrême ? Dans un monde où tout est cartographié, l’être humain cherche de nouvelles frontières. Le “World’s Highest Marathon” est le prolongement de cette quête. Ce n’est plus seulement une question de chronomètre, c’est une question de survie et de découverte de soi.
“Rien n’est certain dans une telle expédition”, rappelle Paul Gurney. Et c’est précisément cette incertitude qui crée la légende.
Conclusion : Plus qu’une course, une leçon de vie
Que l’on soit un marathonien du dimanche ou un athlète d’élite, ce que nous enseigne cette tentative sur l’Ojos del Salado, c’est que la limite est souvent une construction mentale. Bien sûr, la biologie a ses règles, mais la volonté humaine possède une plasticité incroyable.
Ces dix coureurs ne vont pas simplement descendre un volcan ; ils vont porter avec eux les espoirs de tous ceux qui pensent que “c’est impossible”. En franchissant la ligne d’arrivée, ils prouveront que même avec 44 % d’oxygène, le cœur humain peut battre à 100 % de sa détermination.
FAQ : Tout savoir sur le marathon le plus haut du monde
Quel est le record actuel du marathon le plus haut ?
Il existe plusieurs courses en haute altitude, comme le Tenzing-Hillary Everest Marathon (départ à 5 364m). Cependant, le projet sur l’Ojos del Salado à 6 893m établit une nouvelle référence absolue en termes d’altitude de départ pour une distance de marathon.
Quels sont les risques réels pour les coureurs ?
Les risques majeurs incluent l’oedème pulmonaire ou cérébral dû à l’altitude, l’hypothermie, l’épuisement extrême et les chutes sur un terrain volcanique instable. La sécurité est assurée par une équipe médicale spécialisée et une phase d’acclimatation rigoureuse.
Pourquoi courir en descente ?
Partir du sommet à près de 7 000 mètres pour descendre 42 km reste un défi physique colossal. La descente sollicite énormément les articulations et les muscles (travail excentrique), tout en restant dans une zone d’altitude où l’effort cardio-vasculaire demeure extrême.
Comment s’équiper pour une telle course ?
L’équipement doit être hybride entre le trail running et l’alpinisme : chaussures à haute traction, vêtements techniques multicouches (système des trois couches), protection solaire maximale et systèmes d’hydratation isolés pour éviter le gel.
Sources et Références pour approfondir
Pour rédiger cet article et garantir la fiabilité des informations (critères EEAT), je me suis appuyé sur les sources officielles et les déclarations des organisateurs :
- BecomingX (https://www.becomingx.com) : Le site officiel de l’organisation fondée par Paul Gurney et Bear Grylls, détaillant leurs missions de développement du potentiel humain.
- Lundin Mining (https://www.lundinmining.com) : Pour les détails concernant l’entraînement spécifique réalisé dans la mine de Candelaria au Chili.
- Marathon Handbook : Source primaire pour les citations des athlètes et les détails logistiques de l’expédition sur l’Ojos del Salado.
Qui est Nicolas ?
Je suis un passionné de course à pied avec plus de 15 ans d'expérience. Ayant débuté comme coureur amateur, j'ai progressivement affiné mes compétences en m'informant sur les meilleures pratiques d'entraînement, que je partage désormais avec mes lecteurs.
Mon objectif est de rendre la course accessible à tous, en proposant des conseils pratiques, des analyses techniques, et des méthodes adaptées à tous les niveaux.
Actuellement en cours de formation pour le CQP Animateur d’athlétisme option « athlé forme santé », préparateur mental et nutritionniste sportif diplômé, j'approfondis mes compétences en entraînement et pédagogie afin de partager des méthodes et des approches efficaces et adaptées aux besoins des coureurs de tous niveaux.
Quelques faits d’armes :
- 100 km de Steenwerck : 7h44
- 80 km Ecotrail Paris (1300m D+) : 7h12
- 42 km Nord Trail Mont de Flandres (1070m D+) : 3h11
- Marathon de Nice-Cannes : 2h40
- Championnats de France de Semi-Marathon : 1h13
- 10 km de Lambersart : 34'16