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L’hémoglobine des vers marins : Nouvelle technique de dopage sanguin ?

L’hémoglobine des vers marins : Nouvelle technique de dopage sanguin ?

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Dans le domaine de la performance en course à pied, une tendance inquiétante a fait surface, révélant une méthode potentiellement insidieuse permettant aux coureurs de prendre l’avantage sur leurs concurrents.

Des études récentes suggèrent que le sang extrait de vers marins Arenicola marina pour améliorer la performance des athlètes. Cette nouvelle technique de dopage sanguin devient une préoccupation majeure pour les agences antidopage.

Le Dr Franck Zal, fondateur d’Hemarina, une société française de biotechnologie, a exploité les extraordinaires capacités de transport de l’oxygène de l’hémoglobine des vers marins pour créer ce qui est décrit comme un « substitut universel du sang« .

Le ver arénicole, un invertébré marin présent sur la côte atlantique, possède une hémoglobine aux propriétés biomédicales exceptionnelles, particulièrement bénéfiques pour les greffes d’organes.

Ce substitut serait capable de transporter 40 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine classique, ce qui introduit un élément troublant dans le domaine déjà controversé du dopage sanguin.

Contrairement aux méthodes traditionnelles de dopage sanguin, telles que l’érythropoïétine (EPO), l’hémoglobine d’anguille a un impact immédiat sur l’organisme lorsqu’elle est injectée, offrant aux coureurs une augmentation rapide mais éphémère des niveaux d’oxygène.

Sa courte demi-vie et sa petite taille la rendent difficile à détecter dans les analyses sanguines de routine, une caractéristique qui pourrait potentiellement donner du pouvoir à des athlètes peu scrupuleux à la recherche d’un avantage déloyal.

Adeline Molina, de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), reconnaît l’attrait trompeur de l’hémoglobine d’anguille, qui échappe aux tests standard. Elle a parlé de la lutte actuelle contre les pratiques de dopage, en insistant sur la nécessité d’être en alerte vis-à-vis de cette nouvelle technique de dopage.

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Crédit photo : Barbol sur Flickr

Dans le monde de la course à pied, le dopage sanguin existe depuis des décennies et pose d’importants problèmes éthiques.

Les coureurs utilisent le dopage sanguin pour augmenter les capacités du corps à transporter l’oxygène. Il en résulte une amélioration de la capacité aérobie, ce qui permet aux athlètes de maintenir des niveaux d’effort plus élevés pendant plus longtemps.

Lorsque le corps peut fournir plus d’oxygène aux muscles qui travaillent, l’apparition de la fatigue pendant la course est retardée, ce qui permet aux athlètes de maintenir une allure plus rapide ou d’endurer des séances d’entraînement et des séances plus longues.

L’augmentation de l’apport en oxygène facilite également l’élimination des sous-produits métaboliques, tels que l’acide lactique, et favorise la reconstitution des réserves de glycogène dans les muscles, ce qui permet aux athlètes de récupérer plus rapidement. Par conséquent, les sportifs dopés peuvent s’entraîner davantage, ce qui améliore encore leurs performances.

La VO2 max, ou consommation maximale d’oxygène, est une autre mesure clé de la condition aérobie. Le dopage sanguin peut entraîner une augmentation de la VO2 max, ce qui permet aux athlètes d’utiliser l’oxygène plus efficacement pendant l’exercice et de réaliser des performances à des intensités plus élevées.

La protéine miraculeuse de ce super-transporteur d’oxygène suscite l’intérêt des candidats au dopage. L’hémoglobine des vers marins serait compatible avec tous les groupes sanguins, n’élèverait pas le taux d’hématocrite et ne provoquerait pas d’hypertension artérielle, ce qui pourrait attirer les coureurs à la recherche de raccourcis vers le succès.

Sa stabilité à température ambiante, éliminant le besoin de congélation, ajoute une couche de commodité pour ceux qui s’engagent dans des pratiques de dopage clandestines.

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Alors que les discussions autour de l’utilisation illicite de l’hémoglobine de ver marin se poursuivent, les dimensions éthiques et réglementaires de son application potentielle dans le sport requièrent une attention urgente.

La communauté scientifique, en collaboration avec les agences antidopage, doit relever le défi d’empêcher cette nouvelle substance de s’infiltrer dans le monde de la course à pied.

L’Agence mondiale antidopage et les agences antidopage des fédérations nationales ont pris conscience de cette nouvelle méthode de dopage potentielle et ont commencé à prendre des mesures pour éviter qu’elle ne tombe entre les mains des athlètes.

À ce jour, aucune sanction n’a encore été prise à l’encontre d’athlètes utilisant l’hémoglobine des vers marins.

Nicolas Fondateur de Athlé expliqué

Qui est Nicolas ?

Lillois. 30 ans et 10 ans de pratique de la course à pied. Après avoir conseillé mes amis débutants, j’ai eu l’idée de créer un blog. En 2022, Athlé Expliqué a vu le jour pour vous apporter des réponses en vous donnant des conseils basés sur mes propres expériences.

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