Style rétro et confort de marathon : Le pari fou de la nouvelle Saucony Endorphin Azura (test)

Style rétro et confort de marathon : Le pari fou de la nouvelle Saucony Endorphin Azura (test)

Si vous me suivez depuis un moment, vous savez que j’ai une relation compliquée avec mes chaussures. En tant que passionné de running, j’ai passé les dix dernières années à collectionner des modèles de haute performance qui ressemblent souvent à des vaisseaux spatiaux fluorescents.

Mais dès que je devais quitter la piste pour aller boire un café ou enchaîner sur une réunion, c’était le drame : soit je gardais mes chaussures de course (et j’avais l’air d’un touriste égaré), soit je passais sur des sneakers “lifestyle” au look impeccable, mais à l’amorti aussi souple qu’une brique de béton.

Puis, la Saucony Endorphin Azura est arrivée sur mon bureau.

Promesse simple mais audacieuse : marier l’esthétique iconique de la Saucony Azura de 1988 avec la technologie de pointe de la gamme Endorphin (celle-là même qui propulse les marathoniens vers des records). Est-ce un simple coup marketing surfant sur la vague néo-rétro, ou sommes-nous face à la chaussure parfaite pour ceux qui refusent de choisir entre élégance et confort physiologique ?

Après trois semaines de test intensif, du bitume parisien aux sentiers de bord de mer, je vous livre mon analyse complète.


En résumé : Ce qu’il faut retenir de la Saucony Endorphin Azura

Pour les plus pressés d’entre vous, voici le condensé de mon expérience avec ce modèle hybride :

CritèreNoteVerdict
Amorti9/10La mousse PWRRUN PB fait des miracles de douceur.
Style9.5/10Un look rétro-running indémodable qui va avec tout.
Stabilité7/10Excellente pour la marche, un peu souple pour le sprint.
Polyvalence10/10La reine absolue du “lifestyle actif”.
Rapport Qualité/Prix8/10Un investissement justifié par la durabilité des matériaux.
  • Points forts : Un confort immédiat (“step-in comfort”), un design qui attire les compliments, et une légèreté bluffante.
  • Points faibles : Pas conçue pour le running intensif de compétition, un mesh qui peut tenir chaud en plein été.


Le syndrome de la “chaussure de trop”

Il y a quelques mois, j’étais à Berlin pour un week-end marathon… en tant que spectateur. Pour ceux qui connaissent la ville, on y marche énormément. Voulant soigner mon look “streetwear” pour les soirées en club et les galeries d’art, j’avais opté pour une paire de sneakers classiques très connues, à semelle plate.

Résultat ? Au bout de 15 kilomètres de marche sur les pavés berlinois, mes pieds hurlaient. Mes fascias plantaires étaient en feu. Le lendemain, je n’avais qu’une envie : enfiler mes chaussures de running en carbone, même si elles juraient terriblement avec mon jean brut.

C’est précisément ce jour-là que j’ai compris qu’il manquait un chaînon dans ma garde-robe : une chaussure capable d’encaisser 20 000 pas par jour sans sacrifier mon amour pour le vintage running. C’est avec cette exigence en tête que j’ai chaussé les Saucony Endorphin Azura pour la première fois.


1. Un design qui rend hommage à l’histoire (1988 – Aujourd’hui)

L’aspect visuel est la première chose qui frappe. Saucony a puisé dans ses archives pour reprendre l’empeigne de l’Azura originale, sortie à la fin des années 80.

Saucony Endorphin Azura vue de côté

À l’époque, c’était une chaussure de performance technique. Aujourd’hui, elle incarne parfaitement cette tendance “Dad Shoe” mais avec une silhouette beaucoup plus racée et fine que certaines concurrentes massives.

Matériaux et finitions

On retrouve un mélange savant de suède synthétique et de mesh technique. Le suède apporte cette touche “premium” et organique, tandis que le mesh assure la respirabilité nécessaire. Ce que j’apprécie particulièrement, ce sont les détails de couleurs. Saucony a l’art de marier des tons crèmes, bleus électriques et touches d’orange de manière à ce que la chaussure paraisse à la fois ancienne et résolument moderne.

Saucony Endorphin Azura

Le logo “Side Stripe”

Le célèbre logo de la marque, représentant le ruisseau Saucony Creek en Pennsylvanie avec ses trois rochers, est parfaitement intégré. Il ne hurle pas “performance”, il murmure “héritage”. C’est subtil, et c’est ce qui permet à l’Endorphin Azura de passer crème sous un pantalon chino ou même un costume décontracté.

Saucony Endorphin Azura vue de derrière de près


2. La révolution est sous le pied : La technologie PWRRUN PB

C’est ici que l’on quitte le monde de la mode pour entrer dans celui de la science. Le secret de cette chaussure réside dans sa semelle intermédiaire. Contrairement aux sneakers classiques qui utilisent de l’EVA basique (qui finit par se tasser et devenir dur comme du bois), l’Endorphin Azura utilise le PWRRUN PB.

Qu’est-ce que le PWRRUN PB ?

Pour les technophiles, il s’agit d’un polymère haute performance (PEBAX) expansé sous forme de billes. C’est la même matière que l’on retrouve dans les chaussures de record du monde. Sa particularité ? Une densité ultra-faible alliée à un retour d’énergie phénoménal.

Saucony Endorphin Azura vue du talon

Pour faire simple, oubliez les mousses compactes et lourdes d’autrefois. Imaginez plutôt des milliers de petites billes de polymère haute performance (le PEBAX) qu’on a fait chauffer pour qu’elles s’agglutinent comme du pop-corn.

Pourquoi vos pieds vont vous dire merci ?

C’est là que la “magie” opère. Cette structure unique permet de cocher trois cases normalement incompatibles :

  • Un amorti “nuage” : Elle absorbe les chocs à chaque impact sur le bitume. Vos articulations sont en première classe.
  • Un rebond permanent : Contrairement à une éponge qui s’écrase, cette mousse se renvoie l’énergie. Chaque pas vous donne une petite impulsion pour le suivant.
  • Un poids plume : C’est tellement léger qu’on finit par oublier qu’on porte des chaussures.

Le calcul du confort est simple : > Plus vous avez d’amorti et de rebond, et moins vous avez de poids à soulever, plus vous atteignez le confort absolu.

Saucony Endorphin Azura

Avec le PWRRUN PB, Saucony a poussé tous les curseurs au maximum. En marchant avec l’Azura, on a cette sensation de “nuage dynamique” : c’est extrêmement confortable à l’arrêt, et incroyablement entraînant dès qu’on se met en mouvement. C’est le genre de technologie qu’on ne trouvait que sur les chaussures de compétition à 250 €, désormais disponible pour aller chercher son café le samedi matin.


3. Le Test Terrain : Du café matinal aux foulées légères

Le confort au quotidien (Walking test)

Dès les premiers pas, on sent la différence. La géométrie de la semelle reprend le concept Speedroll de Saucony. C’est une forme légèrement incurvée qui favorise une bascule naturelle du pied vers l’avant. Résultat ? La marche devient moins fatigante. On ne “tape” pas le sol, on roule dessus.

Pendant ma phase de test, j’ai porté ces chaussures lors d’une journée de 12 heures à arpenter des salons professionnels. Habituellement, le soir, mes jambes sont lourdes. Avec l’Endorphin Azura, la fatigue musculaire en fin de journée était réduite de moitié. C’est l’atout majeur de la mousse PEBAX : elle absorbe les micro-vibrations qui fatiguent vos muscles à votre insu.

Saucony Endorphin Azura vue de dessus

Peut-on vraiment courir avec ?

C’est la question qui brûle les lèvres. Bien qu’elle porte le nom “Endorphin”, ce n’est pas une chaussure de compétition. Cependant, pour un footing léger (jogging de récupération) ou une séance de tapis de course après la musculation, elle est parfaite. Elle manque juste un peu de structure latérale pour des séances de fractionné intense ou des virages serrés, mais pour courir à 10-12 km/h, elle fait le job avec brio.


4. Durabilité et Qualité de fabrication

Investir dans une paire hybride n’a de sens que si elle dure. J’ai inspecté les coutures et le collage de la semelle. Saucony a renforcé les zones d’usure sur la semelle extérieure avec un caoutchouc XT-900 haute résistance.

Après 100 km de marche et quelques sorties running, l’usure de la semelle est quasi nulle. Le mesh tient bien et ne marque pas de plis disgracieux au niveau de la “toe-box” (la zone des orteils). C’est un point primordial pour la durabilité de la chaussure : elle ne vieillit pas prématurément.

Saucony Endorphin Azura vue  de côté

Note d’expert : Pour entretenir le suède synthétique, évitez la machine à laver ! Un coup de brosse douce et un peu d’eau savonneuse suffisent à lui redonner son éclat d’origine sans altérer la structure de la mousse.


5. Comparatif : Endorphin Azura vs La concurrence

Comment se situe-t-elle face aux géants du secteur ?

  1. Vs Nike Pegasus Turbo Next Nature : La Nike est plus typée “sport”. L’Azura gagne sur le terrain du style quotidien et de la robustesse des matériaux supérieurs.
  2. Vs New Balance 2002R : La New Balance est la reine du look “Dad Shoe”, mais son amorti (Abzorb) est beaucoup plus ferme et lourd que le PWRRUN PB de Saucony.
  3. Vs Hoka Clifton L : La Hoka offre un amorti maximaliste, mais son look est beaucoup plus massif (“chunky”). L’Azura offre un meilleur équilibre entre finesse visuelle et sensation de sol.

Saucony Endorphin Azura


6. À qui s’adresse cette chaussure ?

Si vous vous reconnaissez dans l’un de ces profils, l’Endorphin Azura est faite pour vous :

  • Le citadin actif : Vous marchez beaucoup pour aller au travail, vous prenez les transports et vous voulez rester stylé sans avoir mal aux pieds à 18h.
  • Le runner en voyage : Vous partez en week-end et ne voulez prendre qu’une seule paire de chaussures capable de faire les visites touristiques ET un petit footing matinal.
  • Le passionné de technologie : Vous aimez savoir que vous avez ce qui se fait de mieux en termes de mousse sous vos pieds, même pour aller acheter votre pain.
  • Le nostalgique des années 80/90 : Vous appréciez le design “heritage” mais vos genoux réclament un confort du 21ème siècle.

Conclusion : Un sans-faute pour Saucony ?

Soyons honnêtes : Saucony a réussi un coup de maître. Là où beaucoup de marques se contentent de rééditer des vieux modèles avec des semelles inconfortables, Saucony a injecté son meilleur moteur dans une carrosserie vintage.

L’Endorphin Azura n’est pas juste une chaussure, c’est une déclaration d’intention. Elle prouve que le style ne doit plus jamais être une excuse pour souffrir. Est-ce qu’elle vaut son prix ? Absolument, car elle remplace potentiellement deux paires dans votre placard.

En ce qui me concerne, elle a déjà gagné sa place permanente dans ma rotation. Elle est devenue ma chaussure par défaut, celle que j’enfile quand je sais que la journée va être longue, imprévisible et que je veux garder cette petite “étincelle” de dynamisme sous chaque foulée.


FAQ (Foire Aux Questions)

L’Endorphin Azura taille-t-elle normalement ?

Oui, elle respecte les standards de Saucony. Je vous conseille de prendre votre pointure habituelle pour un usage lifestyle. Si vous comptez courir un peu avec, vérifiez que vous avez bien une largeur de pouce entre vos orteils et le bout de la chaussure.

Est-elle imperméable ?

Non. Le mesh est conçu pour la respirabilité. En cas de forte pluie, vos pieds finiront par être mouillés. Cependant, le suède synthétique offre une petite protection contre les éclaboussures légères.

Existe-t-il une plaque de carbone à l’intérieur ?

Contrairement à l’Endorphin Pro, l’Azura ne possède pas de plaque de carbone. Cela la rend beaucoup plus confortable pour la marche quotidienne, car elle n’est pas trop rigide. Le dynamisme vient uniquement de la mousse et de la géométrie Speedroll.

Quel est le poids de la chaussure ?

C’est l’un de ses grands atouts. Elle pèse environ 260 grammes (selon la pointure), ce qui est extrêmement léger pour une sneaker lifestyle avec autant d’amorti.

Est-ce qu’elle convient aux pieds larges ?

La forme est assez universelle. Le mesh à l’avant-pied est suffisamment souple pour s’adapter à différentes morphologies sans créer de points de pression douloureux.


Sources et références pour approfondir

Pour rédiger ce test, je me suis appuyé sur mon expérience terrain mais aussi sur les données techniques fournies par des experts du secteur. Voici de quoi nourrir votre curiosité :

  • Fiche technique officielle de Saucony : Pour comprendre l’origine du design de 1988 et les spécificités du mesh utilisé sur cette version moderne. (Site officiel Saucony)
  • Analyse du PEBAX par Arkema : Le fournisseur de la matière première de la mousse PWRRUN PB explique pourquoi ce polymère surpasse l’EVA traditionnel en termes de retour d’énergie. (Dossier technique Arkema)

Un dernier conseil d’ami : Si vous hésitez sur le coloris, le modèle original “White/Blue/Orange” est un classique indémodable qui prend une patine magnifique avec le temps.

Nicolas Dayez, Fondateur de Athlé expliqué

Qui est Nicolas ?

Je suis un passionné de course à pied avec plus de 15 ans d'expérience. Ayant débuté comme coureur amateur, j'ai progressivement affiné mes compétences en m'informant sur les meilleures pratiques d'entraînement, que je partage désormais avec mes lecteurs.

Mon objectif est de rendre la course accessible à tous, en proposant des conseils pratiques, des analyses techniques, et des méthodes adaptées à tous les niveaux.

Actuellement en cours de formation pour le CQP Animateur d’athlétisme option « athlé forme santé », préparateur mental et nutritionniste sportif diplômé, j'approfondis mes compétences en entraînement et pédagogie afin de partager des méthodes et des approches efficaces et adaptées aux besoins des coureurs de tous niveaux.

Quelques faits d’armes :
- 100 km de Steenwerck : 7h44
- 80 km Ecotrail Paris (1300m D+) : 7h12
- 42 km Nord Trail Mont de Flandres (1070m D+) : 3h11
- Marathon de Nice-Cannes : 2h40
- Championnats de France de Semi-Marathon : 1h13
- 10 km de Lambersart : 34'16

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