Record de VO2 Max Comment Kristian Blummenfelt a dépassé la barre mythique des 100 (Analyse)

Record de VO2 Max : Comment Kristian Blummenfelt a dépassé la barre mythique des 100 (Analyse)

Je me souviens encore de mon premier passage sur tapis de course en laboratoire, affublé de ce masque respiratoire en plastique, le souffle court, essayant désespérément d’atteindre une valeur dont je pourrais être fier. Mon score de l’époque ? Honnête, sans plus. Mais quand on voit les chiffres que vient de sortir Kristian Blummenfelt, on change radicalement de dimension. On ne parle plus de sport, on parle de biologie augmentée par le travail.

Le Norvégien, déjà champion olympique et recordman du monde Ironman, a partagé les résultats d’un test en laboratoire qui laisse la communauté scientifique sans voix : une VO2 Max de 101,1 ml/kg/min. Pour vous donner une idée, franchir la barre des 90 est déjà un exploit réservé à une poignée d’élites mondiales. Dépasser les 100, c’est entrer en terre inconnue.


En résumé : Ce qu’il faut retenir de ce record

  • L’exploit : Kristian Blummenfelt a enregistré une VO2 Max de 101,1, la valeur la plus élevée jamais documentée en laboratoire.
  • Le contexte : Contrairement à d’anciens records détenus par des athlètes à la retraite, ce score est celui d’un compétiteur au sommet de sa forme.
  • L’entraînement : Une charge de travail colossale dépassant les 25 heures par semaine, mêlant natation, vélo et course à pied.
  • La nuance : Si la VO2 Max définit le “moteur”, elle ne garantit pas la victoire à elle seule ; l’efficacité et la gestion de l’effort restent primordiales.

Qu’est-ce que la VO2 Max et pourquoi ce chiffre est-il fou ?

La VO2 Max représente la quantité maximale d’oxygène que votre corps peut utiliser par minute et par kilo de poids corporel lors d’un effort intense. C’est, en quelque sorte, la taille de votre réservoir et la puissance de votre pompe à essence physiologique.

Imaginez que votre corps est une voiture : la VO2 Max, c’est la taille de votre admission d’air et la capacité de votre pompe à injection. Plus le chiffre est haut, plus vous pouvez produire d’énergie de manière aérobie (avec oxygène), donc courir vite, longtemps.

Pour vous donner une échelle de grandeur :

  • Coureur amateur régulier : Entre 40 et 50.
  • Sportif de haut niveau : Autour de 70-80.
  • Élite mondiale (cyclisme/ski de fond) : Rarement au-dessus de 90.

Avant ce test, le record appartenait au cycliste Oskar Svendsen avec 97,5. En franchissant le cap des 101,1, Blummenfelt prouve que le plafond humain est bien plus haut que prévu. Ce n’est pas juste un “bon chiffre”, c’est une anomalie physiologique cultivée par des années de souffrance.

Pour un coureur amateur, on se situe souvent entre 40 et 50. Un athlète de haut niveau flirte avec les 80. Avant Blummenfelt, le record officieux appartenait au cycliste Oskar Svendsen avec 97,5. En atteignant 101,1, Blummenfelt ne bat pas seulement un record, il prouve que le corps humain peut traiter l’oxygène à un niveau que l’on pensait impossible pour un organisme sain.

La machine norvégienne : Une semaine dans la vie d’un recordman

Ce record n’est pas tombé du ciel. Il est le résultat de ce qu’on appelle la méthode Norvégienne : une approche quasi clinique de l’endurance basée sur le contrôle permanent du taux de lactate pour rester pile à la limite de l’explosion.

En analysant ses données récentes, on découvre des charges de travail qui donneraient le vertige au commun des mortels. Lors d’une semaine type en janvier, Kristian a cumulé :

DisciplineVolume hebdomadaireExemple de séance marquante
Cyclisme+ 300 km105 km de vélo avec 1730m de dénivelé.
Course à pied~ 100 kmUn enchaînement de 16 km juste après une sortie vélo.
Natation~ 26 kmDes séances de seuil de plus d’une heure trente.

Ce qui me frappe, au-delà des chiffres, c’est la densité. Il est capable de boucler un marathon en 2h38 après avoir nagé 3,8 km et pédalé 180 km. Sa VO2 Max exceptionnelle lui permet de transformer ce qui serait un sprint pour nous en une simple “balade” rythmée pour lui.

Kristian Blummenfelt pendant les Jeux Olympiques de Paris 2024

Au-delà du chiffre : Les limites de la donnée brute

Attention toutefois à ne pas transformer la VO2 Max en un totem absolu. Comme j’aime à le rappeler lors de mes debriefings de course, avoir un moteur de Ferrari ne sert à rien si vous n’avez pas de boîte de vitesses ou si vous tombez en panne d’essence au bout de deux kilomètres.

En triathlon, trois autres piliers sont tout aussi vitaux :

  1. L’économie de mouvement : Utiliser le moins d’oxygène possible pour maintenir une allure donnée.
  2. La gestion nutritionnelle : Votre capacité à absorber 90g de glucides par heure sans que votre estomac ne se rebelle.
  3. Le mental : La résistance psychologique à l’effort prolongé sur plus de 7 heures.

Il est fascinant de voir comment ces systèmes s’articulent. On pourrait dire que le système des retraites est plus complexe qu’une simple équation comptable, et il en va de même pour la performance humaine : c’est une horlogerie fine où la puissance brute n’est qu’une pièce du puzzle.


FAQ : Tout savoir sur le record de VO2 Max

Peut-on entraîner sa VO2 Max indéfiniment ?

Malheureusement, non. Si l’entraînement peut booster votre score de 15 % à 25 %, vous finirez par butter contre un plafond de verre dicté par votre patrimoine génétique. On naît avec un potentiel, le travail acharné permet simplement de l’atteindre.

Pourquoi les Norvégiens sont-ils si forts ?

C’est une culture de la data. Ils testent tout, tout le temps. En mesurant leur lactate plusieurs fois par séance, ils évitent le surentraînement et optimisent chaque minute passée à l’effort. C’est l’industrialisation de la performance.

Est-ce qu’une VO2 Max de 101 garantit la victoire ?

Pas forcément. Si le parcours est très technique ou que la chaleur est extrême, d’autres facteurs comme la thermorégulation ou l’agilité peuvent primer sur la consommation d’oxygène. Mais entre nous, partir avec un tel réservoir est un avantage psychologique colossal.


Sources

Pour ceux qui souhaitent vérifier les données physiologiques ou suivre l’évolution des records de performance, je vous recommande les ressources suivantes :

Nicolas Dayez, Fondateur de Athlé expliqué

Qui est Nicolas ?

Je suis un passionné de course à pied avec plus de 15 ans d'expérience. Ayant débuté comme coureur amateur, j'ai progressivement affiné mes compétences en m'informant sur les meilleures pratiques d'entraînement, que je partage désormais avec mes lecteurs.

Mon objectif est de rendre la course accessible à tous, en proposant des conseils pratiques, des analyses techniques, et des méthodes adaptées à tous les niveaux.

Actuellement en cours de formation pour le CQP Animateur d’athlétisme option « athlé forme santé », préparateur mental et nutritionniste sportif diplômé, j'approfondis mes compétences en entraînement et pédagogie afin de partager des méthodes et des approches efficaces et adaptées aux besoins des coureurs de tous niveaux.

Quelques faits d’armes :
- 100 km de Steenwerck : 7h44
- 80 km Ecotrail Paris (1300m D+) : 7h12
- 42 km Nord Trail Mont de Flandres (1070m D+) : 3h11
- Marathon de Nice-Cannes : 2h40
- Championnats de France de Semi-Marathon : 1h13
- 10 km de Lambersart : 34'16

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